lundi 13 avril 2009

Tech Mahindra emporte l'enchère sur Satyam

En redressement depuis le début de l'année, Satyam Computer Services, un des cinq géants de l'informatique Indienne, donc mondiale, vient de passer sous le contrôle de Tech Mahindra.

En acquierant 31% du capital au prix de 58 roupies (0.94 euros), Tech Mahindra a accepté d'injecter 351 millions de dollars dans la la société.

Ce dénouement qui devra être confirmé par une imputation des fonds avant le 21 avril constitue une petite surprise là où de plus grand noms de l'industrie Software circulaient pour cette prise de contôle.

Le Président de cette grande société connue surtout pour son industrie automobile, avait déjà montré son intérêt pour l'informatique. L'an passé lors d'une conférence du NASSCOM il s'était exprimé de façon décapante et à contre-courant sur les nécessaires changements à venir.

Je propose une traduction française de cet étonnant discours sur ce blog.

Posted by Frédéric DONNETTE at 2:06 PM
Edited on: mardi 14 avril 2009 3:39 AM
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jeudi 26 mars 2009

L'ultra-protectionnisme de Barak Obama choque en Inde

Sajjan Jindal, président d'ASSOCHAM, s'est vivement inquiété de l'annonce par l'administration Obama de refuser des réductions d'impôts aux sociétés américaines qui externalisent à l'étranger. L'impact sur le flux de biens et services sera réel selon lui.

Jindal se dit d'autant plus choqué que cette mesure lui semble d'autant plus improductive dans la mesure où les fonds engagés dans des travaux externalisés ont rapporté plus de dix fois en termes économiques. Les mesures, selon lui, pourront même se révèler désastreuses. Jindal appelle donc à un abandon de telles mesures protectionnistes qui pourraient inspirer d'autres pays.

Posted by Frédéric DONNETTE at 12:12 PM
Edited on: jeudi 26 mars 2009 12:13 PM
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mercredi 25 mars 2009

Comment garder au chaud ses forces informatiques en période de récession

En manque de projets pour tous ses employés, le géant du service informatique Infosys, propose une alternative originale à certains d'entre eux pour une durée d'un an. En acceptant une réduction de salaire de moitié, ces employés pourront travailler au sein d'une organisation charitative. C'est ce qu'a annoncé un des co-fondateurs, Nandan Nilekani dans un interview à Forbes.

Infosys déjà engagé dans des actions humanitaires montre ainsi qu'elle mise sur le caractère temporaire de la crise et veut maintenir une image respectable par rapport à la position privilégiée des acteurs du IT. Les employés, gardés ainsi au chaud pourront être opérationnels aussitôt les vents mauvais retournés. De leur côté, ceux-ci préservent une possibilité de reprendre immédiatement le train en marche au lieu de vivre des mois d'incertitude et de toute façon sans garantie de retrouver rapidement un bon salaire.

Partout dans le secteur IT les papiers roses (petit feuillet accompagnant le licenciement) volent et les recherches d'alternatives, voire de rebond de carrière stimulent les imaginations de ceux d'autres secteurs qui voudraient bien attirer des potentiels de jeunes diplomés qui n'ont plus rien à espérer de l'informatique dans l'immédiat. Le réflexe d'Infosys semble être une réponse à la fuite de cerveaux qui pourraient venir à manquer.

Posted by Frédéric DONNETTE at 1:49 PM
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mercredi 18 mars 2009

L'aile droite Indienne booste l'Open Source

L'Inde et l'open source ce n'est toujours pas le grand amour. Les choses sont-elles entrain de changer à l'approche des élections et face au ralentissement économique? Microsoft qui s'est toujours vu dérouler le tapis rouge avec une forte attraction des étudiants pour l'environnement .NET, serait en passe de perdre son soutien le plus inconditionnel dans le monde.

C'est le signal que donne le BJP, Bharatiya Janata Party, représentant l'aile droite de la politique indienne en présentant son plan d'initiative pour les technologies de l'information, le 16 mars 2009. Sur ce point il est intéressant de noter que les extrêmes se rejoignent.

Au-delà de l'aspect économique primordial pour pouvoir favoriser l'accès aux technologies dans un pays en développement rapide qui creuse un fossé énorme entre les élites et le reste de la population, c'est aussi la nature participative qui est mise en avant par les supporters du modèle FOSS (Free Open Source Software). Comme ils l'expriment eux-mêmes : "FOSS est un logiciel qui garantit aux utilisateurs d'étudier, de changer et améliorer sa conception grace à la disponibilité du code source. La nature ouverte, intégrée et participative du modèle FOSS s'adapte naturellement aux traditions vibrantes de la démocratie Indienne et son insistance à partager les connaissances".

Le rapprochement vers le modèle open-source, si long à se dessiner dans ce pays considéré comme le leader du développement logiciel, est en soi une petite révolution. Son image de forte technicité, souvent contrariée par des questionnements sur la qualité, la productivité et la tendance à plus profiter du modèle qu'à y contribuer a évolué rapidement ces derniers mois face aux évènements économiques et divers scandales, celui de Satyam étant le plus éloquent.

Dans ce contexte l'Inde a tout à gagner à cette évolution, les développeurs qui resteront dans le business IT seront les plus motivés et les plus talentueux. Le dernier frein qu'il faudra faire sauter pour permettre une véritable explosion de la communauté open source est la possibilité matérielle pour tous les jeunes passionnés de disposer d'ordinateurs et d'une bonne connexion à l'internet. Il ne faut pas compter sur les entreprises encore trop tournées vers le profit immédiat surtout en temps de crise, pour investir et sponsoriser les initiatives.

Posted by Frédéric DONNETTE at 6:11 AM
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jeudi 29 janvier 2009

Le Père Guézou est mort

Le Père Guézou n'est certainement pas une de ces figures marquantes de Hi-Tech, le visionnaire qui aurait démarré une startup devenue millionnaire ou qui serait le point de départ d'une innovation majeure de l'internet... Ce n'est pas un personnage du IT... C'est un personnage tout court. Ce prêtre d'origine bretonne, il fallait bien qu'il tienne sa pugnacité de quelque part, oeuvrait en Inde depuis 50 ans. Quand il escalade la montagne de Yelagiri, dans le Tamil Nadu, à mi-chemin de Chennai et Bangalore, encore un présage, le Père Guézou porte une table sur le dos, il faut bien pouvoir célébrer la messe une fois là-haut, et croise ours et panthères. Son but? Pas seulement porter la Bonne Nouvelle, sa venue en est déjà une, mais il vient pour réaliser sa vision, convaincu qu'il est que l'éducation sera le moteur pour éradiquer ou au moins lutter contre la misère.

Le Père Guézou

Commençant par de modestes écoles pour apporter les enseignements rudimentaires, l'institut est monté en compétence au fil des années, et abrite maintenant un excellent institut tecnologique qui a su attraper au vol l'opportunité du boom IT. C'est ainsi que des milliers de jeunes parmi les plus exclus ont pu faire des études en Inde du Sud.

J'ai eu le privillège de rencontrer le Père Guézou en septembre. Un homme accompli et qui pouvait être fier de son travail, mais il en parlait avec modestie. Je l'ai connu par l'intermédiaire d'Anand, un jeune issu d'une famille pauvre du Sud, qui a pu grace à l'institut suivre de vraies études et une formation solide pour devenir développeur et travailler avec l'un de mes partenaires à Chennai. Cet institut a développé également une junior entreprise dans laquelle évoluent durant deux années au plus, les étudiants fraîchement diplômés. Je leur ai confié quelques petits projets et je dois reconnaitre qu'ils ont été menés dans de très bonnes conditions et des délais qui m'ont vraiment étonné. Quand on est habitué à travailler en Inde, on ne peut être qu'agréablement surpris par de tels résultats qui plus est, obtenus sans forcer.

Alors que l'IT indien est touché de plein fouet par la crise, 80% de ses revenus dépendent des Etats-Unis, subit de sévères contre-coups internes (Le scandale Satyam d'abord, la chasse ouverte aux CV truqués), cet institut démontre l'importance de l'éthique et de la qualité que l'on doit donner aux formations.

Le Père Guézou qui nous quitte n'était pas un génie de l'informatique, ni un visionnaire du web 2, mais il peut nous rappeler, dans une période aussi trouble, que pour être au service de l'Homme, il est indispensable de mener ses entreprises et projets dans le véritable but de l'élever et non de l'exploiter.

Posted by Frédéric DONNETTE at 11:38 AM
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mercredi 14 janvier 2009

Satyam mouton noir ou pris au jeu

Du scandale Satyam, ce fer de lance de l'industrie IT indienne, il faudra tirer beaucoup de leçons.

Le 23 décembre 2008 par une annonce presque banale cette société de services était proscrite de la liste des fournisseurs de la Banque Mondiale. Ce qui aurait pu rester un simple accident explicable par des exigences très strictes d'un organisme mondial du secteur financier, secteur qui est lui même dans la tourmente et la défiance, est rapidement devenu le révélateur d'une fraude gigantesque de 750 millions d'euros d'actifs fictifs.

Dans cette affaire, son déroulement et ses conséquences on découvre à la fois des particularités indiennes et l'illustration, malheureuse cette fois, d'un business mené comme n'importe où dans le monde.

Les choses sont allées très vite pour aboutir à la démission et même la mise en examen du Président de Satyam, Ramalinga Raju. Cela montre que la crise financière de l'automne dernier fragilise davantage ceux qui s'exposent par leur comportement tablant sur la mansuétude qu'on leur a souvent accordée. La question se pose maintenant de savoir quels étaient les vrais mobiles qui conduisaient Ramalinga Raju à falsifier lescomptes, d'autant plus que dans un secteur aussi dynamique avec des résultats souvent insolents cela parait presque naïf quand on est à la tête d'une société reconnue internationalement pour sa qualité et son efficacité. C'est donc probablement autour de ce coeur de métier que pourront émerger les réponses, car la compagnie Satyam est aux mains d'une famille puissante et les premiers éléments laissent à penser que les manipulations auraient pu servir à masquer des opérations sans aucun lien avec les services informatiques. On comprend mieux la ferme volonté des autorités indiennes à livrer la vérité, car il y va de la crédibilité du secteur informatique, vital pour l'économie.

C'est d'autant plus flagrant que même les concurrents, Infosys en tête, se gardent bien de tirer sur l'ambulance, et vont même jusqu'à assurer qu'ils ne démarcheront pas les clients et même n'examineront pas les candidatures des employés de Satyam. Pourtant il n'est pas encore certain que la paye des 53000 salariés soit réalisée. Cette solidarité, surprenante dans un univers très prédateur, n'a probablement pas d'autre raison d'être que d'éviter un naufrage qui cette fois refroidirait les clients et prospects occidentaux.

Posted by Frédéric DONNETTE at 6:27 AM
Categories: Analyses

jeudi 25 décembre 2008

A 9 ans, elle devient la plus jeune Certifiée Microsoft au monde

Issue d'un milieu rural du Tamil Nadu, la jeune prodige Lavinashree, 9 ans, a passé avec succès la fameuse certification Microsoft que beaucoup d'ingénieurs rêvent d'acquerrir pour obtenir une bien meilleure situation.

Le record de précocité précédemment détenu par une jeune Pakistanaise de 10 ans est donc battu et qui plus est par une autre fille. De quoi, espérons, rappeler la valeur du capital humain de cette région du monde quelque soit le sexe et la modestie de l'origine.

Posted by Frédéric DONNETTE at 1:02 PM
Edited on: jeudi 25 décembre 2008 1:03 PM
Categories: Actualités

jeudi 11 décembre 2008

Corvée de patates chez Wipro

Récession mondiale oblige, c'est une corvée un peu surprenante qui est proposée aux jeunes ingénieurs qui sont venus faire leurs classes chez un des grands du Software Indien. Le troisième plus grand exportateur, WIPRO, a été contraint de proposer à ses recrues de Calcutta de passer par la case BPO (business process outsourcing), en gros de faire du support téléphonique, avant de pouvoir espérer travailler sur des projets à valeur ajoutée d'ici 12 à 18 mois... Et encore si c'était au salaire prévu à l'embauche, mais non cette proposition est assortie d'une réduction de moitié.

Infosys autre majeur du secteur demande quant à lui à ses employés de faire preuve d'imagination et de trouver un moyen de faire économiser personnellement 10 dollars à la société par mois - les moins imaginatifs proposeront certainement de payer leur chef 10 dollars de moins!

Ceci prêterait à sourire si on ne lisait pas par ailleurs que ces sociétés reposant sur d'importants matelas de liquidités cherchent à investir massivement en Europe et même en France.

Posted by Frédéric DONNETTE at 10:55 PM
Edited on: jeudi 11 décembre 2008 10:58 PM
Categories: Actualités

mercredi 12 novembre 2008

Les professionnels IT forment un syndicat pour sauver les emplois

C'est maintenant plus que la grogne chez les professionnels de l'informatique indien. Ebranlés par la récente vague de licenciements dans le secteur, conséquence de la crise financière mondiale, le syndicat national jusqu'ici dormant (Union for Information and Technology-enabled Services) s'est assuré le soutien du puissant syndicat mondial basé en Suisse (Global Union Federation and Union Network International) qui a 15 millions de membres appartenant à 900 syndicats à travers le monde. Le syndicat indien est maintenant un groupe du syndicat global.

Un groupe d'officiel du syndicat mondial est attendu à New Delhi le 5 décembre pour rencontrer les officiels du Nasscom et les ministres indiens pour discuter comment le secteur peut mieux préserver les intérêts des employés. Après ces discussions, les représentants du syndicat indien feront le tour du pays pour discuter avec les directions des sociétés sur des alternatives aux licenciements.

"Nous leur expliquons comment utiliser le même faisceau de compétences dans les autres secteurs qui explosent, comme la biotechnologie et la recherche pharmaceutique", dit Karthik Shekar, un ancien employé d'IBM qui est maintenant le secrétaire général à plein temps du groupe indien du syndicat mondial.

Le syndicat indien qui compte environ 15000 membres issus des plus grandes sociétés comme IBM et Infosys, estime que les sociétés du secteur ont coupé 10000 emplois ces trois derniers mois. Ce syndicat aura toutefois fort à faire avec le diktat de longue date entretenu par le parapluie de l'industrie, le Nasscom, qui impose aux professionnels de l'informatique de se tenir à l'écart du syndicalisme."Nous n'avons pas besoin d'intermédiaires", dit Ganesh Natarajan au Hindustan Times. "L'industrie est très transparente".

Ce n'est pas ce que pense le syndicat. "Le Nasscom a tout faux", dit Philip Jennings, le secrétaire général du syndicat mondial au Hindustan Times, depuis Nyon en Suisse. "Ils ont besoin des syndicats tout comme le personnel, s'ils veulent obtenir un retour efficace et traiter des problèmes communs comme le turnover élevé et le manque de formation. La coopération globale entre syndicats est aussi nécessaire pour permettre qu'un nombre croissant de multinationales étrangères viennent en Inde".

Posted by Frédéric DONNETTE at 7:01 PM
Edited on: mercredi 12 novembre 2008 7:09 PM
Categories: Actualités

mardi 04 novembre 2008

Révolte Bengali contre la colonisation informatique

Comme nous l'avons évoqué dans un billet récent, les implantations industrielles au Bengale rencontrent des oppositions farouches. A tel point que Tata est parti fabriquer sa Nano de l'autre côté de l'Inde au Gujarat.

Les firmes informatiques n'échappent pas à ces colères qu'on pourrait croire d'un autre âge. En effet ne nous semble-t-il pas paradoxal que des populations souffrant d'un développement encore très en retard même sur le reste du pays, refusent les emplois qu'on leur promet par milliers? Comment est-il possible qu'un projet d'installation d'un hub IT par une société basée à Dubai pour un montant de 30 millions de dollars soit le sujet d'un tel rejet?

Pour comprendre cette situation il faut savoir que le gouvernement du Bengale qui a acheté des terres aux fermiers pour un montant de 4 à 5000 roupies l'unité de surface, revend cette même unité au prix fort de 1 à 2 lakhs (100 à 200000 roupies), c'est à dire jusqu'à 40 fois l'investissement. Certains propriétaires peu au fait des affaires possibles se sont laissés allècher et se rendent compte aujourd'hui que leur faible profit immédiat a été englouti comme un champ sous la mousson.

Posted by Frédéric DONNETTE at 6:59 PM
Categories: Analyses