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vendredi 23 mai 2008

les investisseurs indiens n'aiment pas les ringards

BANGALORE (Economic Times 23/5/08 Where's the idea, Sir jee?)

La ferveur entrepreneuriale indienne n’a pas du tout fléchi malgré les sentiments silencieux qui habitent l’industrie IT en raison du ralentissement aux US. Toutefois on remarque un véritable déficit d’idées nouvelles. Il est donc possible qu’il y ait un déclin qui bouge les règles du jeu et les mesures de l’eco-système des startups.

Certains groupes d’investisseurs ou de forums d’entrepreneurs pensent que bien qu’il n’y ait pas une chute du nombre de propositions atterrissant sur leurs tables, la majorité d’entre-elles ne montrent pas de différenciation significative ou d’originalité. Un bon indicateur de l’action d’une startup peut-être déduite de son attrait ou participation à des évènements tels les barcamps et headstart.

Comme le dit Kallol Borah, membre du comité de direction de Aumega Networks MD and Association of Computing Machinery and Kickstart.in : “Je sens qu’il y a un ralentissement dans le flot d’idées complètement neuves, en tous cas cela semble très différent selon les marchés visés et la technologie à appliquer. Le monde du mobile est rempli des « habitués » – recherche locale, services de localisation, paiements et services transactionnels, etc… tout comme l’espace des services web. Nous ne voyons pas tant d’innovations dans le monde des semi-conducteurs probablement parce que les cycles de retour sur investissement sont très longs et ce ne sont pas les chouchous des investisseurs. »

La communauté des investisseurs ressent également trop de propositions du genre “moi-aussi” qui circulent pour passer plus de temps à les étudier.

Contrairement à l’esprit prudent dans l’industrie IT il n’y a pas de déclin des propositions. Ainsi Bob Kondamoori le directeur de Sandalwood partners qu'ils recoivent 800 propositions par mois, alors que le nombre d’idées sur lesquelles investir tombe à une douzaine. C’est le cas avec les autres fonds récents.

M. Borah ajoute “Je ne vois pas de ralentissement si on considère le nombre de personnes qui aspirent à être entrepreneurs ou qui souhaitent expérimenter des idées. Je dis que d’après ma première expérience aux Mobile Mondays (mensuel), Startup Saturdays (mensuel), Barcamps (trimestriels), le HeadStart annuel show technologique et les conférences AMC Bangalore technology à laquelle des centaines d’entrepreneurs présents ou futurs participent chaque mois, nous entendons parler d’environ 3 à 5 nouvelles startups chaque mois et voyons des présentations pour au moins 2 d’entre-elles.

Ces évènements offrent une plateforme d’éclosion d’idées pour les startups et également les aident à se connecter avec la communauté des investisseurs. Kickstart.in une association de jeunes entrepreneurs s’est liée avec IMM Ahmedabad récemment pour promouvoir iAccelerator, un programme pour lequel 20 entrepreneurs hors du commun se voient proposer des bureaux, du matériel, fonds d’investissement et même une résidence à IIM-A pour développer leurs produits.

Posted by Frédéric DONNETTE at 11:16 AM
Categories: Analyses

mardi 20 mai 2008

Les exemptions de taxes étendues pour les sociétés informatiques

La décision du Ministre des Finances fin avril est un ballon d'oxygène pour les sociétés informatiques qui souffrent de la dépréciation du dollar.

Le gel des taxes pour les sociétés qui font partie du plan STPI (Parcs informatiques technologiques de l'Inde) est étendu pour une année. P.Chidambaram a fait cette annonce en réponse au débat parlementaire concernant le budget qu'il a proposé.

L'industrie a très bien accueilli cette décision. Le NASSCOM a déclaré: "Nous sommes heureux que le suivi intense et le travail fait par le NASSCOM avec le PMO, Ministère des technologies de l'information, ministère de finance et ministère du commerce, entre autres a permis ce répit intermédiaire pour l'industrie. En particulier nous sommes reconnaissants envers le ministre A Raja pour son support inconditionnel. Le NASSCOM explique comment cette décision va permettre aux villes classées tier 2 et tier 3 de se développer réduisant ainsi l'engorgement des grandes villes IT.

Selon NRK Raman, CEO, i-flex solutions, qui apprécie aussi le geste par les temps difficiles pour les marges : "...L'économie globale est très volatile et maintenant tout doit être fait pour soutenir l'industrie IT indienne qui a tant contribué au PIB, à l'ensemble du développement économique et continue d'être un gros potentiel pour le futur."

Posted by Frédéric DONNETTE at 5:44 PM
Categories: Infos

lundi 12 mai 2008

Les SSII indiennes se tournent vers les marchés émergents

Toujours concernées par le ralentissment US, les SSII indiennes après avoir lorgné sur l'Europe, se tournent maintenant vers des proies peut-être moins compliquées pour elle. Les économies émergentes du Moyen-Orient et d'Afrique où les dépenses en technologie ont une croissance deux fois plus forte que dans les pays développés. Satyam Computer Services Ltd, Infosys Technologies Ltd et Wipro étudient sérieusement ces pistes.

Les dépenses en technologie de l'information en Asie-Pacifique, Amérique Latine, Moyen-Orient, Afrique et Europe de l'Est est en voie d'atteindre 1,1 trillion de dollar cette année, contre 964 milliards de dollar en 2007, selon Gartner. Avec une croissance de 8,5% par an, les dépenses atteindront 1,3 trillion de dollars.

Satyam, numéro quatre des exportations IT indiennes, négocie des contrats d'une valeur de 10 à 30 millions de dollars dans ces régions, selon son directeur Virender Aggarwal.

Un analyste chez le broker Sushil Finance commente : "Les contrats que l'on voit dans les marchés émergents ne sont que le commencement".

L'industrie logicielle et externalisation de back-office indienne est en voie de porter ses ventes à 64 milliards de dollars, en augmentation par rapport au 48 milliards précédent, selon le NASSCOM. La part des exportations US est de 41 milliards de dollars, soit 60% du total.

Avinash Vashitha, dirigeant de Tholons donne son avis: "Je vois les US compter pour 50% des exportations du secteur dans trois ans".

La priorité donnée au marché US jusqu'à présent était surtout une question de facilité, un fruit à portée de main explique-t-on chez Sushil Finance. Mais le changement de donne, roupie forte, dollar faible, ralentissement économique a obligé les indiens à élargir leur vision alors qu'ils rencontrent une farouche compétition de la part d'acteurs globaux comme IBM, Accenture et Microsoft, même en Chine et Inde.

Ce qui semble impressionnant c'est la flexibilité et la rapidité de mouvement de ces sociétés indiennes qui ciblaient l'Europe il y a encore quelques mois et qui semblent avoir trouvé un nouveau terrain pour exprimer leur talent. Il est fort probable que les difficultés à travailler avec les Européens et la fermeture des ces marchés aient fortement contribué à accélerer le mouvement.

Il ne me semble pas sûr qu'il faille considérer celà comme un soulagement. Atilla qui aurait passé son chemin sans brûler l'herbe sur son passage, c'est une façon de lire les évènements. Une autre lecture pourrait être de considérer que l'accès aux marchés émergents qui aurait pu être un relai de croissance pour l'Europe est d'ores et déjà une immense opportunité perdue et que nous devrons nous nourrir exclusivement de notre faible croissance.

Posted by Frédéric DONNETTE at 1:16 PM
Edited on: lundi 12 mai 2008 1:21 PM
Categories: Actualités

mercredi 07 mai 2008

La cyber-armée chinoise en marche contre les réseaux indiens

Selon The Times of India, une cyber-armée chinoise est en action et l’Inde en souffre silencieusement. Depuis un an et demi disent des officiels, la Chine déploie des attaques quotidiennes contre des réseaux informatiques indiens, que ce soit privés ou publics, montrant ainsi ses intentions et ses capacités.

Les attaques répétées coincident pratiquement avec l’historique des tensions politiques entre les deux pays.

Selon des représentants du gouvernement, ces attaques ne sont pas des incidents isolés ressemblant à des pratiques habituelles ou de hacking basiques, elles sont bien plus sophistiquées, et il y a une vraie méthode derrière cette folie.

Publiquement, les officiels, lorsqu’on les interroge se cachent derrière l’argument que le “hacking” est une activité banale et se passe partout dans le monde. Mais en privé, ils reconnaissent que la menace de cyber-guerre par les chinois est plus palpable que celle venant d’autres pays.

Le noyau dur des attaques est que les chinois scannent et dressent en permanence des cartes des réseaux officiels indiens. Cela leur donne non seulement une très bonne idée du contenu mais aussi comment les neutraliser ou les détourner lors d’un conflit.

Ces officiels affirment que la Chine est sur le point d’obtenir un avantage asymétrique sur un adversaire potentiel.

Ces attaques massives des derniers mois dont la source venait de Chine incluent une attaque sur le NIC (Centre Informatique national) qui avait été mis en place par le Conseil de Sécurité Nationale et le Ministère des Affaires Etrangères.

D’autres réseaux gouvernementaux, disent les sources, sont habituellement visés quoique jamais neutralisés. Un effort discret est en cours pour mettre en place des mécanismes de défense, mais il reste du chemin pour que la cyber-guerre devienne une composante importante de la doctrine de sécurité de l’Inde. Des équipes dédiées, mal payées bien-sûr sont impliquées dans une lutte quotidienne contre ces attaques. Le fossé à combler est la création d’un système de représailles offensives. Ce ne serait pas compliqué selon certaines sources, les réseaux chinois sont très poreux et l’Inde est reconnue pour être un géant de l’informatique.

Il y a trois armes principales qui sont utilisées contre les réseaux indiens, les bots, les capteurs de saisies et les cartographieurs de réseaux. Toujours selon les sources gouvernementales, les chinois sont des experts reconnus pour la réalisation de bots, qui sont des programmes parasites injectés dans le réseau qui le piratent et contrôlent les ordinateurs ce qui revient à dire qu’ils sont sous l'emprise de « forces extérieures ». Les ordinateurs ainsi asservis sont connus comme étant des zombies selon le langage coloré de la cyber-sécurité et sont des élements clés dans la cyber-guerre. Il y aurait ainsi près de 50000 bots en Inde actuellement et ce ne sont que des hypothèses opérationnelles.

Quel est le danger? En termes simple c’est que le moment venu, ces contrôleurs externes, des bots, pourront commander à leur guise les réseaux en s’appuyant sur ces zombies.

Il y a exactement un an, des experts indiens de sécurité informatique ont pu avoir un aperçu de ce qui se passerait quand une attaque coordonnée contre l’Estonie a mis en panne ce pays, cela a été réalisé par un million d’ordinateurs de partout dans le monde et beaucoup d’entre-eux étaient … en Inde ! C’était l’œuvre de cyber-terroristes russes qui sont reconnus pour être plus meurtriers.

Le point que mettent en évidence les offciels est que des réseaux en Inde sont contrôlés depuis l’extérieur, une sorte de cinquième colonne, d’où le besoin d’une stratégie plus aggressive.

Les key loggers sont des programmes qui inspectent les ordinateurs, leurs processus et les données quand vous agissez sur le clavier. Ces informations sont immédiatement transférées vers un contrôleur externe et meme un changement de mot de passé peut être repéré. L'inspection et la cartographie de réseau est une des bases de la cyber-guerre moderne. Le Ministère des Affaires Etrangères possède un système d’ordinateurs et réseaux à trois couches, seules les communications les moins confidentielles circulent sur un canal qui est baptisé « e-grams ».

Ironiquement, les affaires ultra-confidentielles n’utilisent que des methodes de la vieille économie, probalement les plus sécurisées quoique les plus coûteuses en temps. Il en va de même pour d’autres zones critiques gouvernementales. Mais le plus grand pas à franchir au sein de la sécurité nationale est celui de la compréhension de la vraie nature de la menace.

Le conseiller pour la sécurité nationale MK Narayanan a mis en place l’Organisation pour la Recherche Technologique Nationale (NTRO) qui a en charge l’évaluation de la menace de la cyber-guerre. Mais le forum sur la cyber sécurité du Conseil de Sécurité Nationale a été supprimé après l’incident d’espionnage américain. Le pouvoir établi a tellement été effrayé que cela reste gelé. Le processus de décision indien en ce qui concerne la cyber-guerre en est profondément affecté.

Posted by Frédéric DONNETTE at 10:00 AM
Edited on: mercredi 07 mai 2008 10:15 AM
Categories: Actualités

mardi 06 mai 2008

Chennai nouvelle Silicon Valley?

Pas besoin d 'être un devin pour citer qui est la capitale indienne de l'informatique... Mais qui s'il n'était chennaïte aurait dit il y a deux ans que cette certitude pourrait être ébranlée? Car étonnament Chennai a tous les ingrédients pour bousculer Bangalore dans la hiérarchie.

Bon nombre de statistiques laissent à penser que Chennai hébergera le plus grand nombre de professionnels du software d'ici 3 à 5 ans. Chennai abrite déjà un des deux plus grands centre de développement de chacune des six majors des exportateurs de services informatiques dans le pays. Aucune autre ville en Inde ne peut prétendre la même chose. En fait ce n'est pas seulement la tête de pont de TCS, Wipro, Infosys et Cognizant, cà l'est également pour des nouveaux prétendants émergents comme MindTree, Mastek, Polaris, Patni, Hexaware et Tech Mahindra qui étendent leurs bases à un rythme soutenu le long de la côte est (East Coast Road).

Tata Consultancy Services dont le siège est à Bombay a son plus grand centre de développement à Chennai: "Nous avons 23000 personnes répartis sur 12 centres à Chennai. Clairement cette ville est la plus grande pour nous. Quand notre Siruseri Campus (sur le IT cooridor) sera prêt dans quelques mois, nous aurons une infrastructure pour 21000 autres postes sur 20 hectares." explique un porte parole de TCS.

En ce qui concerne Infosys, il n'y avait pas de chiffre officiel, mais l'accord Mahindra city signé par la société en 2006 disait qu'il y serait créé le plus grand centre de développement au monde avec une capacité de 25000 postes.

Alors que Wipro est entrain de répartir sa capacité hors de Bangalore, Dr K Chandra qui dirige le centre de Chennai dit: "sur 75000 de nos emplois, 10000 le sont à Chennai. sans compter les opérations BPO. Notre plan est d'aller plus loin. Nous ajouterons de l'infrastructure pour 35000 personnes dans les 3 prochaines années. Notre objectif est de répartir le business sur d'autres centres que Bangalore, et plus important encore, en ciblant des villes II-tier."

Pour Cognizant le Tamil Nadu compte pour plus de 40% de son personnel et 50% du personnel indien. En décembre 2007, Cognizant comptait 22000 professionnels basés à Chennai ou Coimbatore pour 55000 dans le monde entier. Un représentant de Stayam dit "Nous avons environ 9000 personnes dans la ville et en prévoyons 6000 de plus en deux ans. Je ne peux pas vous dire si les opérations sur Chennai dépasseront celles de Hyderabad où nous avons 21000 personnes."

Quand on regarde les plans et projets approuvés que le Tamil Nadu a reçu jusqu'à cette date, au moins 37 IT special economic zones (SEZs) sont espérés de promoteurs privés dans les prochaines années, bon nombre d'entre elles prévus pour des campus de sociétés de software. Ce n'est pas moins de 220 parc ITs qui ont été approuvés par le gouvernement du Tamil Nadu sur 660 hectares indique une source gouvernementale.

En comparaison le Karnataka (l'Etat de Bangalore) n'a approuvé que 15 SEZs dédiés au IT.

Posted by Frédéric DONNETTE at 12:00 AM
Categories: Infos