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lundi 13 août 2007
Décalage horaire: un avantage pour l'offshore en Inde?
Une information qui surprend souvent c’est le décalage horaire faible entre l’Inde et la France (+3h30 en été).
Le décalage étant souvent présenté comme une problématique des équipes offshore, c’est une donnée intéressante. Contrairement à des différences qui font que les journées de travail se succèdent sans se chevaucher, quatre heures offre l’avantage de partager ce temps en deux : celui de l’échange et de la collaboration et celui de la productivité individuelle. Ce n’est d’ailleurs pas autre chose que cherchent bien des développeurs français, pour lesquels le leitmotiv « 18h je vais enfin pouvoir travailler » revient fréquemment une fois réunions terminées et bureaux désertés.
Donc tout est question d’organisation, comme j’ai pu le constater avec Sellermania, qui partage ses développements entre deux équipes, une locale, l’autre basée à Chennai (Madras). Les projets sont maintenant lancés avec une vraie phase de spécifications en amont et les développements sont entrepris en s’appuyant sur un document qui sert de référence fonctionnelle et technique. Pas de difficultés non plus pour accorder les horaires, l’équipe indienne travaille plutôt en décalé, ainsi l’équipe locale n’a pas eu à s’adapter. Une flexibilité bien appréciée après une expérience avec des prestataires français beaucoup moins disponibles. Les messageries instantanées ou non, sont des outils largement utilisés pour gommer ces effets espace et temps, mais ne sont pas nouveaux dans les entreprises, il n’y a donc pas de cap à passer.
Vu du côté des équipes indiennes, une société comme Agriya Infoway cherche à pénétrer le marché européen car le décalage horaire est parfait pour le modèle d’efficacité qu’ils ont développé en travaillant sur le marché américain. Ils sont dans une logique de services qui exploite idéalement cette différence en alternant période de spécification, de production et de validation.
Avec la différence culturelle et la langue, l’impact du décalage est souvent mis en avant pour se montrer hésitant sur l’intégration d’équipes offshore, parfois même la préférence est donnée au travail avec des équipes moins éloignées. Cette sensation de proximité culturelle et géographique, ou même linguistique n’est-elle pas simplement un moyen de se cacher une autre réalité : la nécessaire remise à plat de ses conceptions et méthodes de travail ? C’est pourtant souvent en se confrontant à d’autres pratiques, mode de communication et contraintes qu’on favorise son propre progrès. Se lancer dans l’offshore lointain ou non fait appel à une réelle volonté de s’adapter et d’avancer, essayer d’esquiver une première contrainte n’est pas la meilleure façon de se préparer mentalement à relever tous les défis.
Enfin pour la petite histoire, cette demi-heure de décalage en Inde est-elle seulement incongrue ? Pas forcément, elle était pratique parait-il pour les aviateurs anglais qui pouvaient ainsi lire alternativement l’heure de Londres et celle de Delhi en simplement retournant leur montre !
