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mercredi 13 août 2008
Logiciel en mer de l'Inde
Derrière cette désignation étrange ne pensez pas qu'il se cache une quelconque plateforme de développement exilée sur un bateau au milieu de l'Océan Indien. C'est la traduction complètement erronée et sans doute extraite d'un traducteur en ligne de "centre de développement offshore en Inde".
Cette expression absurde comme de nombreuses autres provient des pages "France" d'un site web présentant une société Indienne basée à Chennai qu'on peut retrouver aisément en tapant ces mots-clés sur Google. Peut-être donc s'agit-il de la dernière astuce de référencement puisqu'il est devenu important d'insérer des fautes d'orthographe dans ses pages pour être sûr de récupérer le trafic des internautes fâchés avec le français...
Malheureusement c'est plutôt l'illustration d'une confiance aveugle sur un travail produit, sans remise en cause et donc sans contrôle du résultat. Confiance en soi qui est indiscutablement un moteur pour l'économie et l'esprit d'entreprise qui nous manque parfois, mais qui est dans bien des cas, génératrice d'accidents ou dysfonctionnements qu'on ne cherche pas à éviter, car on pense que "rien ne peut arriver". Cette dernière phrase je l'ai souvent entendu en réponse à une question, esprit pessimiste que je suis: "que se passera-t-il si...".
Dans bien des domaines, les entreprises Indiennes affichent fièrement les certifications qualité qu'elles ont pu obtenir, et les sociétés informatiques ne sont pas les dernières. Ce que je prenais au départ pour un affichage marketing d'un avantage compétitif m'est apparu au fil du temps comme plutôt un passage obligé, une nécessité vitale pour une industrie qui sans cela aurait du mal à se fixer des objectifs compatibles avec la compétition internationale et surtout les exigences du client occidental.
Il ne faut donc pas perdre de vue ce point lorsqu'on réalise des projets en Inde. Bien communiquer ses attentes, afficher ses exigences sont des process impératifs autant que contrôler le travail exécuté. S'il est un domaine dont on ne pourra pas faire l'économie c'est le contrôle qualité.
Edited on: lundi 01 septembre 2008 10:15 AM
Categories: Analyses
dimanche 03 août 2008
L'entrée en école d'ingénieur: trop poreuse au bachotage?
Certaines voix s'élèvent de façon virulente contre l'examen d'entrée aux écoles d'ingénieurs informatique, les fameuses IIT. Communs à toute l'Inde et destinés à permettre la sélection la plus large possible ces JEE (Joint Entrance Examination) sont devenus une cible de choix pour les "boîtes à bac" plus ou moins sérieuses qui fleurissent dans toute l'Inde, même des villes reculées. Des campagnes d'affichage monstrueuses couvrent les murs jusque dans les villages, et il est parfois facile de douter du sérieux de celles-ci. Comme cet institut qui a placardé des centaines d'affiches proposant une formation à la technologie, je cite, dot next (au lieu de dot net).
Les instituts les plus sérieux semblent toutefois capables de faire des miracles, et c'est ce que déplorent les directeurs des grands instituts de technologies. Moyennant finances, ils dispensent des méthodes qui permettent comme le dopage sur le tour de france de transformer des mulets en chevaux de course. Le vrai problème reste que les meilleurs potentiels, et notamment ceux qui ont d'excellentes compétences de communication (et l'on sait combien cela manque aux gros des ingénieurs Indiens) voient leur accès barré par des "moins que bons", selon l'expression des Directeur et Doyen de l'IIT de Madras (Chennai). Encore plus regrettable, ce mode de sélection basé sur des vastes QCM de connaissances scientifiques générales, est plus difficile d'accès pour les filles, encore une fois, car les familles hésitent davantage à investir pour elles les sommes importantes que demandent les instituts de formations privés qui ont selon les hauts responsables de l'IIT de Madras, "cracké" le JEE. Selon eux un contrôle continu serait plus efficace pour ouvrir le chemin aux meilleurs.
Il reste néanmoins des Directeurs de IIT comme celui de Bombay (Mumbai) qui pensent que le JEE est un moindre mal tant qu'aucune meilleure alternative n'est proposée.
Les Entreprises Indiennes, qui sont finalement les plus intéressées par la question, ont de plus en plus conscience que le système actuel ne leur permet pas de disposer des meilleurs éléments qui pourraient leur permettre de passer le nouveau cap indispensable à leur croissance et survie. Celles qui ont compris qu'il leur faut maintenant proposer de la valeur ajoutée aux clients étrangers et se démarquer de l'image offshore à bas prix, peinent à trouver les profils compétents et passionnés dont ils ont besoin.
(article en anglais paru dans le Times of India, 31 juillet 2008)
Edited on: dimanche 03 août 2008 9:11 AM
Categories: Actualités
