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lundi 17 septembre 2007

Une roupie forte qui inquiète le IT indien

C’est un peu la rançon de la gloire. Le monde IT indien entre en crise au sujet d’une roupie qui s’est fortement appréciée durant le deuxième trimestre. Et pour ne rien arranger le dollar continue à se déprécier.

La devise indienne a grimpé de 6,8% durant cette période par rapport au dollar et les analystes de la Westpac Bank pensent que cela va continuer. Elle est même parmi les quatre monnaies les plus fortes au monde sur un an. Résultat, le moindre pourcent d’augmentation entraine une chute de 30 à 50 points de base dans les marges opérationnelles des SSII indiennes exportatrices, autant dire la plupart. Hexaware par exemple, a vu son profit net plonger de plus de 12%. Infosys connait une érosion moindre mais se montre préoccupé. Tata CS se rassure en affichant une structure de clients plus diversifiée à l’international et donc moins dépendante d’un dollar qui s’affaiblit. Quant à Satyam avec 90% de réserves en dollar voit celles-ci fondre à vue d’œil.

La cause de cette montée irrésistible de la roupie : de forts investissements américains et des envois massifs d’argent par la diaspora indienne. De son côté, pressée par les exportateurs, la RBI (Reserve Bank of India) prend des mesures, mais une roupie forte n’a pas que des désavantages.

Les tarifs « à la pompe » vont-ils augmenter ? Infosys le fait déjà avec ses nouveaux clients, mais ce n’est probablement pas la meilleure stratégie. En conséquence la tentation est grande pour les SSII indiennes de se tourner vers les pays de la zone euro, dont la monnaie résiste mieux. Il ne serait pas surprenant de voir débarquer chez nous dans les mois qui viennent une offre plus agressive de service mais aussi d’acquisitions. Si nous n’avons pas vu davantage les indiens dans le secteur IT c’est qu’ils étaient fort occupés avec le marché US, sur lequel ils sont très largement leaders jusqu’à présent.

Enfin, ironie de l’histoire, pour rattraper des marges menacées, ces sociétés indiennes vont à leur tour utiliser la stratégie dont ils ont été l’objet : recourir à l’offshore vers des destinations à bas prix…

Posted by Frédéric DONNETTE at 10:45 AM
Categories: Analyses