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mercredi 24 septembre 2008
L'Inde et la difficulté de faire du business
Le rapport 2009 sur la faisabilité du business, émis par l'IFC et la Banque Mondiale montre que des réformes prennent un élan important partout dans le monde. Selon ce rapport 113 pays ont mis en place 239 réformes entre juin 2007 et juin 2008.
Mais l'Inde a glissé de la 120 eme à la 122 eme position parce que cela reste le pays où il est le plus difficile de faire respecter les contrats devant une cour ou autrement. Alors que le rapport a été préparé bien avant les évènements de Singur (révolte des paysans qui avaient cédé leurs terres fertiles du Bengale pour la construction des usines pour la Tata Nano), des problèmes similaires rappellent pourquoi l'Inde se classe 180 eme sur les 181 pays observés. Ce rapport note qu'il faut 1420 jours, environ 4 ans, pour finaliser un contrat, alors que 150 jours (5 mois) suffisent à Singapour, le pays qui remporte la palme de ce classement global du business.
Selon Sabine Hertveldt, co-auteur du rapport, l'Inde a quand même fait de gros progrès dans la plupart des paramètres depuis l'année dernière, comme par exemple simplifier les règles de commerce avec l'étranger. Elle a aussi adopté de façon
importante la dématérialisation pour l'enregistrement des affaires et la déclaration aux douanes et les paiements. Toutefois elle dit que malgré ces améliorations, l'Inde a chuté dans cette sixième édition du rapport parce que les autres pays sont allés encore plus vite.
Le gouvernement central a créé un comité l'an passé pour améliorer le classement de l'Inde. Sabine Hertveldt dit que de telles initiatives sont bienvenues mais vont prendre du temps pour produire leur effet. Ce rapport, selon elle, ne doit pas être pris pour juger pourquoi les investisseurs trouvent l'Inde attractive.
"Ce n'est pas un index d'actractivité d'investissements, c'est un index reflétant la complexité de la régulation de l'économie", dit-elle.
Parmi les pays de la BRIC (émergents majeurs Brésil, Russie, Inde, Chine), la Russie est 120 eme juste devant (112 eme l'an passé). La Chine ( 126 à 90) et le Brésil (125 à 83) ont amélioré leurs positions.
( le "doing business report" classe les économies en se basant sur 10 indicateurs qui impactent les affaires, mais ne prend pas en considération les politiques macro-économiques, la qualité des infrastructures, la volatilité de la monnaie ou la perception des investisseurs).
Edited on: vendredi 10 octobre 2008 10:47 AM
Categories: Analyses
mardi 09 septembre 2008
Le géant du software craint les fermiers Bengali
Un épisode particulièrement bouillant de la TATA Nano, qui rappelons-le, a annoncé la sortie de la voiture la moins chère du monde pour la fin de l’année, pousse INFOSYS, le géant Indien du IT à repenser ses projets d’implantation au Bengale.
En effet un climat particulièrement délétère et violent entoure l’acquisition de terrains par l’industriel pour installer ses usines de production de la Nano. Des paysans s’estiment spoliés des terres les plus fertiles et les politiques récupèrent la situation pour instrumentaliser leurs joutes. De ce fait Infosys Technologies, numéro deux des exportateurs de services dans le pays, revoit sérieusement ses plans. Le Directeur des RH dit qu’il est préférable d’attendre et voir comment évolue la situation puisque le gouvernement de la région ne peut tenir ses promesses.
Pourtant Infosys a prévu un investissement de 250 crores de roupies ($60 millions) pour bâtir un centre de développement dans les environs de Calcutta et embaucher près de 5000 personnes. Les évènements récents à Singur (lieu prévu d’implantation de TATA pour la Nano) ont montré que le gouvernement est incapable de mettre en place sa politique ; toute acquisition de terres est une potentielle source de conflits selon le Directeur des RH de Infosys.
« Nous remettons en cause notre décision d’étendre nos affaires après la cas de Singur. Le conflit de Singur a généré de la peur dans les sociétés Indiennes. Nous avons vu des partis politiques intimider de grands hommes d’affaires, empêcher les gens de se rendre au travail, bloquer les routes nationales pendant des jours ».
« Il y a également l’ordonnance délivrée par la Haute Cour. Cela a créé également une préoccupation et crainte dans l’esprit des invetisseurs. Bien… L’Inde a d’autres endroits où aller.”
“Nous ne nous retirons pas officiellement de cet Etat. Jusqu’à ce que nous soyons convaincus que le gouvernement sera capable de protéger les vies des travailleurs et les intérêts des investisseurs, nous n’avancerons pas plus dans nos plans d’expansion là-bas. TATA est dans cet Etat depuis plus de 100 ans, et ils doivent affronter cela, qu’est-ce que cela présage pour les autres ? », s’inquiète le DRH d’Infosys.
Au-delà d’Infosys, c’est WIPRO, un autre grand du IT qui envisage d’installer un centre de développement dans le West Bengale. Tous deux souhaitent investir dans les SEZ (Zones Economiques Spéciales) sur les terres procurées par le gouvernement d’Etat.
lundi 01 septembre 2008
Les discours anti-offshore d'Obama n'affectent pas les Indiens
En période pre-électorale, les candidats y vont fort de leur discours populistes. C'est en tout cas ce que croit l'industrie du BPO indienne après les déclarations de Barack Obama qui envisage de suspendre les exemptions de taxes pour les entreprises qui cèdent à la tentation de l'offshore.
Pas question de se laisser aller à la panique pour le géant mondial de l'outsourcing, qui au contraire se rassure en affirmant que ses atoûts et son avance technologique sont incontournables pour bien des entreprises américaines. le Nasscom qui suit avec bien évidemment beaucoup d'intérêt ces élections réagit par la voix de Sucharita Eashwar, Directeur Régional : "Nous suivons bien évidemment de près mais nous pensons vraiment que nos emplois ou l'industrie ne risquent rien. Nous sommes confiants que notre expertise technologique, nos compétences et notre savoir seront toujours une valeur pour le marché américain aussi."
Et que se passerait-il si Obama remporte les élections? Ce n'est pas si simple, affirme Lathika Pai, CEO de Fides Global Consultant, même s'il commande la Maison Blanche, il y a de lourdes procédures, il n'y aura aucun impact et cela échouera.
L'avis général bien que les conversations soient fortement alimentées par ces déclarations du candidat, reste que ce n'est pas cela qui conduira l'industrie Indienne du BPO à fermer. Les experts pensent même que tout cela est le jeu d'Obama pour amuser la galerie avant les élections.
Nous pensons que cette attitude mature des Indiens qui maîtrisent bien leur savoir-faire dans le service et la philosophie qui permet de relativiser une menace, devrait s'accompagner néanmoins d'une prise de recul. En effet cette assurance que le monde politique n'est que versatile et surtout pas enclin à tenir ses promesses, devrait aussi être relativisée, il ne serait pas bon conseiller de comparer la légereté des engagements qui peuvent être pris par des politiciens en Inde et ceux que pourrait être contraints de tenir un Président Démocrate aux Etats-Unis.
Edited on: lundi 01 septembre 2008 10:32 AM
Categories: Actualités
