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mardi 04 novembre 2008

Révolte Bengali contre la colonisation informatique

Comme nous l'avons évoqué dans un billet récent, les implantations industrielles au Bengale rencontrent des oppositions farouches. A tel point que Tata est parti fabriquer sa Nano de l'autre côté de l'Inde au Gujarat.

Les firmes informatiques n'échappent pas à ces colères qu'on pourrait croire d'un autre âge. En effet ne nous semble-t-il pas paradoxal que des populations souffrant d'un développement encore très en retard même sur le reste du pays, refusent les emplois qu'on leur promet par milliers? Comment est-il possible qu'un projet d'installation d'un hub IT par une société basée à Dubai pour un montant de 30 millions de dollars soit le sujet d'un tel rejet?

Pour comprendre cette situation il faut savoir que le gouvernement du Bengale qui a acheté des terres aux fermiers pour un montant de 4 à 5000 roupies l'unité de surface, revend cette même unité au prix fort de 1 à 2 lakhs (100 à 200000 roupies), c'est à dire jusqu'à 40 fois l'investissement. Certains propriétaires peu au fait des affaires possibles se sont laissés allècher et se rendent compte aujourd'hui que leur faible profit immédiat a été englouti comme un champ sous la mousson.

Posted by Frédéric DONNETTE at 11:29 PM
Categories: Analyses

mercredi 24 septembre 2008

L'Inde et la difficulté de faire du business

Le rapport 2009 sur la faisabilité du business, émis par l'IFC et la Banque Mondiale montre que des réformes prennent un élan important partout dans le monde. Selon ce rapport 113 pays ont mis en place 239 réformes entre juin 2007 et juin 2008.

Mais l'Inde a glissé de la 120 eme à la 122 eme position parce que cela reste le pays où il est le plus difficile de faire respecter les contrats devant une cour ou autrement. Alors que le rapport a été préparé bien avant les évènements de Singur (révolte des paysans qui avaient cédé leurs terres fertiles du Bengale pour la construction des usines pour la Tata Nano), des problèmes similaires rappellent pourquoi l'Inde se classe 180 eme sur les 181 pays observés. Ce rapport note qu'il faut 1420 jours, environ 4 ans, pour finaliser un contrat, alors que 150 jours (5 mois) suffisent à Singapour, le pays qui remporte la palme de ce classement global du business.

Selon Sabine Hertveldt, co-auteur du rapport, l'Inde a quand même fait de gros progrès dans la plupart des paramètres depuis l'année dernière, comme par exemple simplifier les règles de commerce avec l'étranger. Elle a aussi adopté de façon

importante la dématérialisation pour l'enregistrement des affaires et la déclaration aux douanes et les paiements. Toutefois elle dit que malgré ces améliorations, l'Inde a chuté dans cette sixième édition du rapport parce que les autres pays sont allés encore plus vite.

Le gouvernement central a créé un comité l'an passé pour améliorer le classement de l'Inde. Sabine Hertveldt dit que de telles initiatives sont bienvenues mais vont prendre du temps pour produire leur effet. Ce rapport, selon elle, ne doit pas être pris pour juger pourquoi les investisseurs trouvent l'Inde attractive.

"Ce n'est pas un index d'actractivité d'investissements, c'est un index reflétant la complexité de la régulation de l'économie", dit-elle.

Parmi les pays de la BRIC (émergents majeurs Brésil, Russie, Inde, Chine), la Russie est 120 eme juste devant (112 eme l'an passé). La Chine ( 126 à 90) et le Brésil (125 à 83) ont amélioré leurs positions.

( le "doing business report" classe les économies en se basant sur 10 indicateurs qui impactent les affaires, mais ne prend pas en considération les politiques macro-économiques, la qualité des infrastructures, la volatilité de la monnaie ou la perception des investisseurs).

Posted by Frédéric DONNETTE at 11:26 AM
Edited on: vendredi 10 octobre 2008 10:47 AM
Categories: Analyses

mercredi 13 août 2008

Logiciel en mer de l'Inde

Derrière cette désignation étrange ne pensez pas qu'il se cache une quelconque plateforme de développement exilée sur un bateau au milieu de l'Océan Indien. C'est la traduction complètement erronée et sans doute extraite d'un traducteur en ligne de "centre de développement offshore en Inde".

Cette expression absurde comme de nombreuses autres provient des pages "France" d'un site web présentant une société Indienne basée à Chennai qu'on peut retrouver aisément en tapant ces mots-clés sur Google. Peut-être donc s'agit-il de la dernière astuce de référencement puisqu'il est devenu important d'insérer des fautes d'orthographe dans ses pages pour être sûr de récupérer le trafic des internautes fâchés avec le français...

Malheureusement c'est plutôt l'illustration d'une confiance aveugle sur un travail produit, sans remise en cause et donc sans contrôle du résultat. Confiance en soi qui est indiscutablement un moteur pour l'économie et l'esprit d'entreprise qui nous manque parfois, mais qui est dans bien des cas, génératrice d'accidents ou dysfonctionnements qu'on ne cherche pas à éviter, car on pense que "rien ne peut arriver". Cette dernière phrase je l'ai souvent entendu en réponse à une question, esprit pessimiste que je suis: "que se passera-t-il si...".

Dans bien des domaines, les entreprises Indiennes affichent fièrement les certifications qualité qu'elles ont pu obtenir, et les sociétés informatiques ne sont pas les dernières. Ce que je prenais au départ pour un affichage marketing d'un avantage compétitif m'est apparu au fil du temps comme plutôt un passage obligé, une nécessité vitale pour une industrie qui sans cela aurait du mal à se fixer des objectifs compatibles avec la compétition internationale et surtout les exigences du client occidental.

Il ne faut donc pas perdre de vue ce point lorsqu'on réalise des projets en Inde. Bien communiquer ses attentes, afficher ses exigences sont des process impératifs autant que contrôler le travail exécuté. S'il est un domaine dont on ne pourra pas faire l'économie c'est le contrôle qualité.

Posted by Frédéric DONNETTE at 5:30 PM
Edited on: lundi 01 septembre 2008 10:15 AM
Categories: Analyses

vendredi 25 juillet 2008

Malgré les inquiétudes, l'industrie Indienne affiche des résultats excellents

Le NASSCOM a publié ce mois-ci les résultats obtenus par l'industrie IT indienne pour 2007-08 et les perspectives pour l'année à venir. Des résultats flatteurs malgré tous les signaux d'alarme élevés durant cet exercice.

FY07-08 Croissance de 28% (en tenant compte des variations de devises)

FY08-09 Semble consistant avec une croissance de 21-24% (variation de devises inclus); Les exportations de logiciels et services projetés à 50 milliards de dollars.

Le classement des meilleures industries pour 2007-2008 a également été révélé:

o Genpact, WNS Global Services et IBM-Daksh mènent le TOP 15 du classement NASSCOM pour le BPO.

o Tata Consultancy Services Ltd., Infosys Technologies Ltd. et

Wipro Technologies Ltd. sont les 3 premiers acteurs du TOP 20 NASSCOM des exportateurs de services et logiciels.

Résultats secteur IT indien 2008  

Posted by Frédéric DONNETTE at 9:50 AM
Categories: Analyses

vendredi 23 mai 2008

les investisseurs indiens n'aiment pas les ringards

BANGALORE (Economic Times 23/5/08 Where's the idea, Sir jee?)

La ferveur entrepreneuriale indienne n’a pas du tout fléchi malgré les sentiments silencieux qui habitent l’industrie IT en raison du ralentissement aux US. Toutefois on remarque un véritable déficit d’idées nouvelles. Il est donc possible qu’il y ait un déclin qui bouge les règles du jeu et les mesures de l’eco-système des startups.

Certains groupes d’investisseurs ou de forums d’entrepreneurs pensent que bien qu’il n’y ait pas une chute du nombre de propositions atterrissant sur leurs tables, la majorité d’entre-elles ne montrent pas de différenciation significative ou d’originalité. Un bon indicateur de l’action d’une startup peut-être déduite de son attrait ou participation à des évènements tels les barcamps et headstart.

Comme le dit Kallol Borah, membre du comité de direction de Aumega Networks MD and Association of Computing Machinery and Kickstart.in : “Je sens qu’il y a un ralentissement dans le flot d’idées complètement neuves, en tous cas cela semble très différent selon les marchés visés et la technologie à appliquer. Le monde du mobile est rempli des « habitués » – recherche locale, services de localisation, paiements et services transactionnels, etc… tout comme l’espace des services web. Nous ne voyons pas tant d’innovations dans le monde des semi-conducteurs probablement parce que les cycles de retour sur investissement sont très longs et ce ne sont pas les chouchous des investisseurs. »

La communauté des investisseurs ressent également trop de propositions du genre “moi-aussi” qui circulent pour passer plus de temps à les étudier.

Contrairement à l’esprit prudent dans l’industrie IT il n’y a pas de déclin des propositions. Ainsi Bob Kondamoori le directeur de Sandalwood partners qu'ils recoivent 800 propositions par mois, alors que le nombre d’idées sur lesquelles investir tombe à une douzaine. C’est le cas avec les autres fonds récents.

M. Borah ajoute “Je ne vois pas de ralentissement si on considère le nombre de personnes qui aspirent à être entrepreneurs ou qui souhaitent expérimenter des idées. Je dis que d’après ma première expérience aux Mobile Mondays (mensuel), Startup Saturdays (mensuel), Barcamps (trimestriels), le HeadStart annuel show technologique et les conférences AMC Bangalore technology à laquelle des centaines d’entrepreneurs présents ou futurs participent chaque mois, nous entendons parler d’environ 3 à 5 nouvelles startups chaque mois et voyons des présentations pour au moins 2 d’entre-elles.

Ces évènements offrent une plateforme d’éclosion d’idées pour les startups et également les aident à se connecter avec la communauté des investisseurs. Kickstart.in une association de jeunes entrepreneurs s’est liée avec IMM Ahmedabad récemment pour promouvoir iAccelerator, un programme pour lequel 20 entrepreneurs hors du commun se voient proposer des bureaux, du matériel, fonds d’investissement et même une résidence à IIM-A pour développer leurs produits.

Posted by Frédéric DONNETTE at 11:16 AM
Categories: Analyses

lundi 28 avril 2008

Le salut du IT indien passe-t-il par les sociétés étrangères?

Les sociétés étrangères en Inde annoncent une forte expansion de leur recrutement en Inde, alors que les sociétés IT indiennes déclarent seulement 4400 têtes de plus.

Malgré le ralentissement aux US et la forte appréciation de la roupie qui tire les revenus vers le bas, les professionnels du IT continuent d'être très recherchés grace aux multinationales qui augmentent leur capacité en Inde, selon ASSOCHAM. Durant les trois derniers mois, les sociétés étrangères ont annoncé leur plan de recrutement atteignant 40000 personnes en Inde pour les deux prochaines années, information révélée par une étude "impulsion économique" de ASSOCHAM. C'est un développement significatif pour le marché du travail alors que les marges en chute libre font aussi plonger les recrutements des majors du IT indien.

Alors que les sociétés étrangères prévoient 40000 embauches, les sociétés indiennes restent timidement à un chiffre de 4400... Nouvelle preuve de l'impact violent de la conjoncture sur ces sociétés. Le président de ASSOCHAM Venugopal N Dhoot, le commente ainsi "A l'heure où les entreprises indiennes resserrent les coûts et freinent les augmentations pour préserver les marges, la forte expansion des sociétés étrangères rend un visage positif au marché du travail".

La croissance la plus importante est prévue par la société américaine Computer Sciences Corporation (CSC) qui anticipe 16500 recrutements sur les deux prochaines années. La suivante est la société Cognizant qui en prévoit 14700 rien que cette année, alors que la firme britanique Zylog Systems en plannifie 4000. Xansa (UK), Ness technologies (Israël), Vmware Inc. suivent avec plusieurs milliers d'embauches prévues. Parmi les sociétés Indiennes c'est Satyam Computer Services qui est la plus ambitieuse avec 3000 prévisions pour 2008.

Les villes qui profitent le plus de ces expansions sont Bombay, Puna, Hyderabad, Delhi et Chennai.

Posted by Frédéric DONNETTE at 10:41 PM
Edited on: samedi 03 mai 2008 11:20 PM
Categories: Analyses

lundi 11 février 2008

Dégraissage dans l’industrie IT indienne

Dégraissage dans l’industrie IT indienne

Les nouvelles se succèdent et ne sont pas bonnes. Surtout pour les employés les moins qualifiés qui voient s’éloigner les possibilités d’augmentation salariales à deux chiffres comme on les a connues ces dernières années, mais encore plus, peuvent redouter les tests de performances auxquels on les soumet. Après l’annonce par IBM d’un plan de licenciement de 700 personnes sur toute l’Inde, dont 150 sur Calcutta, c’est au tour de TATA Consulting Services (TCS) de reconnaitre l’allègement de 500 postes. Ce sont surtout les débutants et les moins performants qui sont visés. Les premiers chiffres qui sont annoncés maintenant semblent n’être qu’un petit début par rapport aux dizaines de milliers qui sont évoqués confidentiellement pour les mois à venir. Les entreprises ont beau expliquer qu’elles se doivent d’élever leur niveau pour remonter dans la chaine de valeur, il est facile pour les analystes de faire la corrélation avec les différentes évolutions observées ces derniers mois et dont j’ai fait largement état dans cette tribune.

Il s’agit donc bien de réagir face à la convergence de plusieurs facteurs.

D’abord, l’effet de ciseau d’une roupie forte et d’un dollar déliquescent, ensuite une amorce de récession aux Etats-Unis et les coupes budgétaires des projets informatiques, et enfin la montée en puissance dans l’offshore IT de rivaux tels que la Chine, la Russie, le Brésil. L’industrie indienne entre en phase d’assainissement, il faut donc interpréter avec prudence ces mouvements qui n’ont rien à voir avec de la panique ou une récession. Depuis plusieurs années les embauches se font à tour de bras, à tel point que les métiers de HR (ressources humaines) étaient aussi devenus des sources de débouchés importantes. Les grandes sociétés, mais pas elles seulement, sur-embauchaient, créant ainsi des bancs d’attente sur lesquels pouvaient patienter longtemps des jeunes gens talentueux en vue de nouvelles opportunités. Les salaires s’envolaient d’autant plus que l’inflation locale est forte, multiplier par trois, quatre voire plus en quelques années est fréquent pour les belles carrières. La pression sur les IIT (Universités de technologie) pour fournir des bataillons de software engineers était aussi forte que leur cruel manque de moyen – par exemple en janvier le IIT de Mumbai annonçait l’impossibilité de payer le personnel d’ici trois mois. Cette situation a contribué à amener sur le marché, par effet d’opportunité, de nombreux jeunes qui sans penchant naturel pour la technologie, ont été formés dans des conditions difficiles et donc pas efficaces quand il s’agit aussi d’inculquer.

Les sociétés de service indiennes ont tout à gagner à cet assainissement, cette situation a déjà bien été anticipée depuis des mois, une bonne partie du travail à moindre valeur ajoutée est d’ailleurs lui-même mondialisé par les indiens, y-compris vers la Chine, ce qui semble être une stratégie intéressante d’intégration et de contrôle de la concurrence.

Les effets positifs se ressentiront par une meilleure stabilité du personnel, une surenchère salariale modérée, une meilleure formation plus ciblée vers l’élite, et une meilleure prise en compte du client et de ses exigences de qualité. La loi du nombre qui est mise en avant jusqu’ici ne doit pas faire oublier qu’elle masque un peu trop un noyau important de compétences pointues qui ont attiré en Inde les sociétés occidentales les plus technologiquement avancées. Le coût n’explique pas tout.

Le virage vers l’Europe, France comprise, se confirme. Des bataillons de business développeurs écument les sites web pour récupérer des contacts, et appellent en direct, en anglais, tant pis, des patrons de SSII françaises pour proposer un partenariat. Il faudra dans ce domaine que les sociétés indiennes réalisent que l’externalisation ne peut se limiter à fournir de la main d’œuvre, il faut pouvoir comprendre les besoins du client et les exigences des projets, surmonter des barrières linguistiques et culturelles. Il y a à mon sens de belles opportunités pour des intermédiaires et consultants prêts à faciliter cette coopération internationale.

Posted by Frédéric DONNETTE at 11:00 PM
Edited on: samedi 03 mai 2008 11:17 PM
Categories: Analyses

lundi 04 février 2008

Les sociétés indiennes initient leur personnel étranger à la culture indienne

Le temps où pour le besoin de rendre transparent le service offshore Jaswant était rebaptisé Jack, est probablement révolu. Et voici venu le temps où Jack se fera rebaptiser Jaswant...

Une autre façon de dire pour les grandes sociétés indiennes qui depuis début 2000 ont racheté des sociétés du Japon au Mexique, qu'il devient important que "leurs filiales" commencent à intégrer elles-aussi la culture de la maison mère (qui elle-même, il faut le dire est déjà très influencée par les Etats-Unis).

"Dans un marché global, ignorer les différences culturelles peut élever le risque de mauvaise communication", explique K Venkataraman, directeur à Cognizant. Il y a de fait une demande croissante même chez nos clients préparant leur visite inaugurale en Inde, d'une aide pour comprendre les traits culturels et les différences qui les séparent de leurs homologues indiens.

Wipro qui a 26 centres dans le monde a mis au point un programme dans ce but.Il couvre les nuances de détails à propos de l'Inde. par exemple, alors que les indiens sont conscients et acceptent les différences d'autorités, ils pourront ne pas être francs en présence d'une figure de l'autorité. Cela peut modifier leur attitude. C'est important pour les personnes d'une autre culture de pas interpréter leur silence comme un signe d'acceptation.

Article complet en anglais

Posted by Frédéric DONNETTE at 11:04 PM
Edited on: samedi 03 mai 2008 11:28 PM
Categories: Analyses

jeudi 27 décembre 2007

Bangalore n'est pas seule en Inde!

Bangalore est certainement la ville la plus citée au monde en tant que place offshore IT. Pour ceux qui ont approfondi la question des villes qui peuvent accueillir de grandes structures informatiques en Inde, des noms comme Mumbai, Delhi, Hyderabad, Chennai, Gurgaon, Pune deviennent familiers.

The Economic Times cite une étude de Gartner group qui reconnait que la position de l'Inde en tant que leader mondial reste incontestée et a identifié maintenant 30 villes en Inde (contre 23 précédemment) qui offrent de bonnes alternatives tier-2 ou tier-3. Une bonne partie est localisée dans le sud de l'Inde et notamment le Tamil Nadu qui est le pourvoyeur principal de jeunes diplômés (Calculta, Mangalore, Chandigarh, Bhopal, Coimbatore, Mysore, Nasik, Cochin, Nagpur, Indore, Raipur, Kanpur, Guwahati, Bhubaneshwar, Patna, Srinagar, Jaipur, Shimla,Lucknow, Panaji, etc...)

Beaucoup de sociétés étudient la possibilité de démarrer des bureaux dans ces villes, bien que selon le DRH d'Infosys, TV Mohandas Pai, les villes plus petites (entendons-nous bien, à l'échelle indienne, 1 million d'habitants!) ne permettent pas de trouver les compétences les plus pointues. Toutefois la répartition d'universités et centres de formation un peu partout doit permettre une bonne évolution sur ce point.

Mon opinion est également que beaucoup d'ingénieurs qui ont entamé une carrière brillante dans les grandes mégapôles aspirent à pouvoir revenir près de leur "native" (racines). J'ai un jour voyagé avec un jeune informaticien travaillant à Hyderabad dans l'Andra Pradesh, il venait de Cuddalore, 25 kilomètres au sud de Pondichéry, il se rendait à Chennai, soit déjà au total 5 heures de bus. Il allait reprendre un train de nuit pour reprendre son poste le lundi matin chez Microsoft, 11 heures de trajet. Son souhait: que Microsoft vienne s'installer à Chennai.

Et pourquoi pas à Pondicherry, ancien comptoir français encore très marqué par l'influence de Dupleix et successeurs. Mon confrère, Denis Delcroix y a recréé son agence web, loin de l'agitation et de la pollution chennaïte. Mais c'est vrai que la concurence est rude, les villes qui voudront attirer la manne des sociétés IT doivent investir fortement dans l'infrastructure et prioritairement pour une bonne fourniture de l'électricité.

Posted by Frédéric DONNETTE at 10:32 AM
Categories: Analyses

lundi 12 novembre 2007

Des sociétés IT indiennes regardent vers de nouveaux marchés alors que le marché américain commence à saturer.

Des sociétés IT indiennes regardent vers de nouveaux marchés alors que le marché américain commence à saturer.

Il y a deux mois je parlais dans cette tribune de l’effet néfaste de la roupie forte pour les sociétés de service indiennes. J’annonçais qu’on ne tarderait pas à les voir débarquer sur l’Europe, l’Euro résistant mieux. Une autre circonstance accélère maintenant cette transition. Une délégation de 20 hauts responsables de sociétés représentant diverses composantes de l’industrie IT indienne est venue pour deux semaines trouver de nouveaux partenariats business aux Pays-Bas, en Allemagne et en Belgique. Le responsable de cette délégation, Directeur Général de Kasbah Systems Software à Coimbatore, est clair sur le sujet en annonçant que le marché allemand a été négligé jusqu’à présent mais que les indiens doivent faire de sérieux efforts pour y pénétrer ou consolider leurs positions en raison des « immenses » opportunités. C’est le moment selon lui d’entrer dans des accords d’outsourcing, des joints ventures ou tout autre lien business avec les sociétés allemandes parce qu’elles montrent un fort intérêt à coopérer avec les sociétés indiennes. Cette visite est la suite d’une campagne marketing indienne lors du Cébit à Hanovre au mois de mars.

Trois facteurs convergent, accélérant l’action des indiens : La roupie forte, le dollar qui chute et le marché américain devenu très concurrentiel, c’est ce qu’explique Mangudi Subramaniam, Vice Président de Congruent Solutions à Chennai, au très sérieux Economic Times of India.

Fruit de ces rencontres, le Hambourg business development corporation s’est déclaré vivement intéressé à envoyer une délégation en Inde l’année prochaine. L’Allemagne est le troisième marché en Europe pour les services IT et logiciels indiens, derrière le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Bien qu’en augmentation de 45% passant à 750 millions de dollars, ce n’est pour l’instant que 3% des exportations de services ou produits IT indiens.

Les allemands reconnaissent maintenant que l’Inde n’est pas seulement une opportunité de baisse de coûts mais également une place de premier choix pour trouver les professionnels qualifiés pour réaliser des produits logiciels ou des services requérant de l’expertise et de la qualité.

Cela veut-il dire que les allemands sacrifient leur industrie devant la puissance indienne ? Pas du tout, selon le responsable de cette délégation. Cela ouvre au contraire des possibilités sur de nouveaux marchés pour les sociétés allemandes qui vont devenir plus compétitives, en Afrique, en Amérique latine, en Europe de l’Est.

Roderich Pilars de Pilar, un consultant en investissement de Cologne ne dément pas, puisqu’aujourd’hui l’Inde ne représente que 4% des dépenses offshore allemandes dans le secteur, qui sont aujourd’hui plus largement dirigées vers l’Europe de l’Est où l’on communique plus facilement en allemand.

Les indiens ont pris la mesure de ce handicap et ne vont pas hésiter à proposer des formations à la langue allemande pour leurs professionnels IT ce qui sera indispensable pour les contacts avec les PME du secteur.

Quid de la France ? Pour l’instant on n’en parle pas trop et les timides implantations ou incursions indiennes chez nous qui sommes connus pour notre résistance aux changements, n’en feront peut-être pas la priorité des investissements indiens. Les prestataires français préfèrent pour l’instant jouer le repli sur eux-mêmes, espérant un mouvement de préférence nationale des donneurs d’ordres comme en témoigne l’attitude surprenante d’une plateforme d’appels d’offres sur des projets informatiques refusant des prestataires liés avec l’Inde pour je cite « concurrence déloyale » !

Faut-il se réjouir de disposer d’un délai avant de devoir collaborer vraiment avec les indiens ? Cela reviendrait à considérer que les américains, les néerlandais, les anglais et maintenant les allemands ont fait des choix qui les mènent à leur perte. Je ne pense pas être un grand analyste ou un visionnaire en disant que la direction prise par nos voisins est plus le résultat d’une réflexion éclairée qu’un renoncement abattu face au géant du secteur.

Quand on vit en Inde on est subjugué de constater à quelle vitesse les choses bougent et l’ampleur avec laquelle les moyens sont déployés quand détermination et motivation sont présentes. Ce serait une grave erreur d’attendre des signes précurseurs pour se préparer à travailler avec l’Inde.

Posted by Frédéric DONNETTE at 10:42 AM
Edited on: mardi 06 mai 2008 10:43 AM
Categories: Analyses

lundi 17 septembre 2007

Une roupie forte qui inquiète le IT indien

C’est un peu la rançon de la gloire. Le monde IT indien entre en crise au sujet d’une roupie qui s’est fortement appréciée durant le deuxième trimestre. Et pour ne rien arranger le dollar continue à se déprécier.

La devise indienne a grimpé de 6,8% durant cette période par rapport au dollar et les analystes de la Westpac Bank pensent que cela va continuer. Elle est même parmi les quatre monnaies les plus fortes au monde sur un an. Résultat, le moindre pourcent d’augmentation entraine une chute de 30 à 50 points de base dans les marges opérationnelles des SSII indiennes exportatrices, autant dire la plupart. Hexaware par exemple, a vu son profit net plonger de plus de 12%. Infosys connait une érosion moindre mais se montre préoccupé. Tata CS se rassure en affichant une structure de clients plus diversifiée à l’international et donc moins dépendante d’un dollar qui s’affaiblit. Quant à Satyam avec 90% de réserves en dollar voit celles-ci fondre à vue d’œil.

La cause de cette montée irrésistible de la roupie : de forts investissements américains et des envois massifs d’argent par la diaspora indienne. De son côté, pressée par les exportateurs, la RBI (Reserve Bank of India) prend des mesures, mais une roupie forte n’a pas que des désavantages.

Les tarifs « à la pompe » vont-ils augmenter ? Infosys le fait déjà avec ses nouveaux clients, mais ce n’est probablement pas la meilleure stratégie. En conséquence la tentation est grande pour les SSII indiennes de se tourner vers les pays de la zone euro, dont la monnaie résiste mieux. Il ne serait pas surprenant de voir débarquer chez nous dans les mois qui viennent une offre plus agressive de service mais aussi d’acquisitions. Si nous n’avons pas vu davantage les indiens dans le secteur IT c’est qu’ils étaient fort occupés avec le marché US, sur lequel ils sont très largement leaders jusqu’à présent.

Enfin, ironie de l’histoire, pour rattraper des marges menacées, ces sociétés indiennes vont à leur tour utiliser la stratégie dont ils ont été l’objet : recourir à l’offshore vers des destinations à bas prix…

Posted by Frédéric DONNETTE at 10:45 AM
Categories: Analyses

vendredi 20 avril 2007

Retard français en Inde par Manjari Prashar (document audio)

Ce document provient du site Internet www.radiobfm.com exploité par BFM. Droits de reproduction réservés et strictement limités. (autorisation obtenue le 18/5/2007). Chronique management sur BFM Inde Hebdo avec Manjari Prashar, consultante en formation interculturelle. Manjari attire notre attention sur la frilosité des sociétés françaises pour s'engager sur l'offshore et notamment en Inde. Les compétences, le potentiel, le système éducatif, les priorités de l'économie font que cette destination est numéro un. Toutes les prévisions s'accordent à dire que le marché offshore indien continuera à croître à raison de 20% par an et pas seulement pour du back-office comme chez IBM où des équipes sont complètement responsables de la chaine de valeur.

Accéder au document.

Posted by Frédéric DONNETTE at 10:48 AM
Edited on: mardi 06 mai 2008 10:49 AM
Categories: Analyses