Avec 4 millions de diplômés en 2011 c’est une main d’oeuvre d’ingénieurs et techniciens qui augmente de 700.000 unités comme chaque année.
Voilà de quoi répondre au besoin immense de l’industrie IT qui atteint maintenant 33 milliards de dollars.
Pourtant le vrai souci reste de s’assurer que les talents en sont vraiment et répondent bien au besoin des entreprises. L’effet de masse entraine des tensions sur le marché avec une demande importante certes, mais une offre considérable et donc le besoin pour les recruteurs de ne pas s’y perdre.
Le Nasscom, syndicat du secteur IT a donc développé une initiative, le NSR, National Skills Registery, qui est une base de données nationale des compétences enregistrées et vérifiées. Outre les informations relatives à l’expérience et à la formation, la photo et des données biométriques seront gérées par le système. Plus de 10 millions de comptes ont été enregistrés sur le site web avec 678.000 données biométriques, alors que 115 sociétés ont rejoint la base.
L’Inde poursuit sa quête de crédibilité dans la lignée des initiatives prises pour améliorer la sécurité des données au sein des entreprises.
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Compétences certifiées par une base nationale
Payer à la livraison : levier du e-commerce
Le COD (Cash On delivery) est certainement la clé du développement promis du commerce en ligne en Inde. Le nombre de clients sur internet a augmenté de 75,6% en 2011, les sites hors voyage ont progressé de 123%, grâce aux 65 millions utilisateurs en croissance constante.
Malgré cela le business généré n’atteint pas les niveaux connus aux USA ou en Angleterre, alors que les produits proposés complètent bien les circuits de distribution où ils ne sont pas disponibles. Le frein principal demeure la méfiance du consommateur Indien qui a besoin de voir et toucher la marchandise.
La confiance est mise à rude épreuve dans ces transactions et le paiement en ligne n’est pas pour arranger les choses.
C’est donc naturellement que s’est imposé le modèle de paiement à la livraison. Il est ainsi possible d’atteindre un public qui ne se limite pas aux possesseurs de cartes de débit ou de crédit.
Les grands du secteur comme Flipkart, HomeShop 18, Letsbuy.com adoptent sans réserve la méthode qui séduit les clients qui l’utilisent à 40-60% même s’ils disposent d’une carte de paiement.
Nipun Arora, Directeur et co-fondateur de Nine North retail commente ainsi : « Le consommateur Indien se sent plus sécurisé d’acheter des produits en payant en liquide, plus que par carte. Quand bien même ils ont une carte de crédit ou de débit, ils préfèrent effectuer leur première transaction en liquide pour s’assurer de la fiabilité de la société. La majorité des jeunes dépendent de l’argent de poche et donc le paiement à la livraison leur permet d’utiliser le liquide en excédent. Le modèle paiement à la livraison permet de conserver le toucher et sentir, qui est un des composants essentiels de l’acte d’achat. »
Flipkart qui croit à un rythme de 100% chaque trimestre a maintenant 60% de ses commandes en paiement à la livraison.
Le revers de la médaille du modèle oblige les sociétés à tirer sur leur BFR. Beaucoup de clients changent d’avis et renvoient les produits. Il en résulte un délai plus important pour l’encaissement des commandes induit par les délais de livraison.
Rien qui ne rebute les investisseurs en tous cas puisque les sociétés du e-commerce ont attiré plus de 200 millions de dollars depuis janvier.
A 16 ans il conçoit une tablette Androïd
L’Inde dans le top 10 du E-commerce mondial en 2015?
Les prises de position sur le potentiel du e-commerce en Inde se succèdent et confirment le mouvement de fond.
C’est le CEO de E-bay, Murali Krishnan, qui le dit cette fois : « A ce ratio (80% d’internautes d’une population chiffrée à 65 millions par une étude réalisée par Juxt), l’Inde pourrait devenir un des 10 gros carrefours du e-commerce mondial d’ici 2015. »
Un article avec une vidéo très intéressante, publié par BBC News, parle de cette immense opportunité, mais aussi des challenges que nous avons évoqués dans plusieurs articles de ce blog : la confiance des clients, les paiements en ligne et la logistique.
L’attrait important de cette nouvelle masse de consommateurs pour les marques étrangères devraient inciter celles-ci à pousser le e-commerce en Inde. Le retail brick and mortar (les hypermarchés physiques) étant à nouveau renvoyé au calendres grecques suite à l’opposition farouche de députés hostiles à l’ouverture prônée par le parti au pouvoir, le Congrès.
Cap Gémini développe un nouveau centre d’expertise en Inde
Galaxy Nexus de Google, l’Inde dans la stratégie de lancement
Le développement du mobile en Inde ne peut plus être ignoré avec sa base de 25 millions d’utilisateurs internet et 72 millions sur les réseaux sociaux par ce média. C’est donc une évolution logique de voir l’Inde participer au lancement de la Galaxy Nexus de Google. Une page dédiée à l’Inde est même en place.
Le GT-I9250 aka Galaxy Nexus sera basé sur la dernière et la plus avancée des versions du système d’exploitation de Google, le Android Ice Cream Sandwich.
source : the mobile india
Avaz, pour faire entendre leur voix
Après l’annonce de la tablette Aakash à 26 euros, c’est un autre plaisir de découvrir d’autres innovations du sous-continent. Avaz est un outil de communication alternative (AAC en anglais) développé par la société Invention Labs, créée par un groupe d’anciens de l’IIT de Madras en 2007. La vision qui a guidé ce projet est de pouvoir disposer pour les personnes handicapées de la parole, d’un outil performant dont le coût est compatible avec les possibilités du pays émergent. Il semble que les trois années de recherche et développement aient permis d’atteindre cet objectif sans sacrifier à la qualité. Elaboré en collaboration avec l’institut spécialisé Vidya Sagar à partir d’un prototype existant (KAVI).
Ajit Narayanan, le créateur d’Invention Labs nous explique sur IBN CNN, pourquoi il est revenu des Etats-Unis, pour permettre à son pays de disposer de la meilleure technologie pour un coût de 30.000 roupies (500 euros) là où il faut payer au minimum 10 fois plus pour les produits occidentaux.
En mars 2011, la revue du MIT (Massashusetts institute of technology) a nominé AVAZ Innovateur de l’année.
La tablette indienne à 26 euros
Alors qu’en France on vient d’officialiser la tablette à 1 euro, l’Inde annonce aujourd’hui la tablette à 26 euros. Mais différence de taille, en France c’est 1 euro … par jour, qui masque un coût final de 720 euros.
Cette initiative portée par le gouvernement indien ne s’est pas déroulée sans peine. HCL qui devait prendre en charge ce projet a rapidement été écarté par défaut de garantie bancaire, alors que HCL défend une autre version en pointant des conditions inacceptables. Aucun grand nom du IT indien n’a participé à l’appel d’offres, ce qui sème un doute sur l’intérêt industriel du projet. A la limite du déshonneur, la tablette semble être de conception chinoise, elle serait une version marque blanche du Speedpad de HiVision.
La tablette, baptisée Aakash (ciel), a été présentée fièrement par le Ministre du développement des ressources humaines, Kapil Sibal.
Il est prévu d’en acheter 100.000 et d’en distribuer 10 millions aux étudiants dans les années qui viennent. Aakash a été développé par la société Datawind, basée au Royaume-Uni, et l’Indian Institute of Technology du Rajasthan. Une version commerciale devrait arriver sur le marché à un prix d’environ 50 euros.
Espérons que la tablette ne brillera pas que par son prix et donnera une véritable chance numérique à un pays rural à 60% et accélérera l’accès à Internet.
Wikip’India : Wikipedia pour une meilleure contribution Indienne
Avec l’annonce d’une joint-venture entre l’Ecole d’Ingénieurs de Puna (CoEP) et l’équipe de Wikipedia, l’Inde montre sa volonté de contribuer de façon plus significative. Environ 843 étudiants de l’Ecole, toutes disciplines confondues (mécanique, électricité, électronique et télécommunications, production, IT et mathématiques) seront formés afin de contribuer activement avec prise en compte de leur travail pour leur évaluation.
Hisham Mundol, un consultant de Wikimedia (branche Indienne de Wikipedia), espère que cet accord permettra d’améliorer la contribution Indienne et la production d’articles sur l’Inde qui est encore trop faible. D’autres collège de Puna pourraient rejoindre cette initiative.
Wikipedia est très populaire en Inde (le 4ème), avec 20 sites en langues locales. Tinu Cherian un blogger très actif est un des administrateur de Wikimedia, il compte beaucoup sur ces sites pour répandre l’usage de l’encyclopédie collaborative dans le pays.
L’open-source BIRT séduirait 900.000 développeurs
« L’Inde est la place pour voir notre stratégie en action… », c’est ainsi que le CEO d’Actuate Corporation commente l’organisation par sa société d’un grand roadshow à Bangalore le 26 août. 40% de la population des développeurs en Inde (1), utiliserait ou en tous cas envisagerait d’utiliser dans les 12 mois l’open source de la fondation Eclipse qui permet de créer des rapports et de les afficher en pages web. Ce chiffre semble élevé si l’on considère que BIRT (Business Intelligence Report Tools) en soit se limite à l’univers du reporting, mais il est vrai aussi que les grandes industries du service informatique indiennes raflent 80% des développements business du monde entier, l’impact sur le volume global serait donc très important en parts de marché.
A noter parmi les références de BIRT : Standard & Poors, l’agence de notation qui fait trembler le monde.
(1) c’est ce que dit le communiqué de presse, il s’agit probablement de 40% de la population de développeurs concernés par les applications de BI.


