Archive for Economie

Amazon, Le Lion, impose sa Junglee

Ils l’avaient annoncé, ils l’ont fait. L’été dernier les rumeurs les plus insistantes annonçaient l’arrivée du géant du e-commerce dans la plus grande jungle au monde: l’Inde.
Le site Junglee.com, nom qui rappelle un film Hindi sulfureux (à l’échelle indienne bien sûr) des années 1960, a été lancé par Amazon au début du mois de février. Les dates annoncées l’an dernier, premier trimestre, pouvaient laisser penser que l’arrivée réelle interviendrait au deuxième trimestre. Que nenni ! Dès le premier mois de l’année la stratégie est en place.
A commencer par l’annonce fin janvier du démarrage d’un gigantesque centre de distribution à Bombay (Mumbai). Ce centre va permettre de livrer plus rapidement et à coût moindre les dizaines de milliers d’internautes Indiens qui commandaient déjà sur les sites américains et anglais.
Fortement challengé par les sites locaux comme flipkart, Amazon est néanmoins le leader en terme de trafic depuis l’Inde.
Le démarrage du site Junglee va donc permettre d’asseoir cette domination.
Avec un objectif de 12 millions de produits représentant 14000 marques multinationales Indiennes, les 100 millions d’internautes trouveront un choix qui pourra satisfaire une diversité culturelle et consumériste.
Amazon, comme d’autres grandes multinationales non Indiennes, répond au défi lancé par le pas en arrière du gouvernement qui refuse les investissement étrangers directs majoritaires.
Junglee est directement axé sur le concept marketplace, mettant en avant les offres des marchants locaux ou internationaux, de vrais défis en perspective, les petits avertissements présents sur le site en témoignent:
- Vous voyez un problème avec ces offres, informez-nous…
- Pour les articles proposés par des vendeurs internationaux, les prix en roupies affichés sur ce site sont des prix estimés. Le prix final qui vous sera facturé, incluant la livraison, les taxes, fluctue de temps en temps (sic). Additionnellement, votre banque peut appliquer un taux de change différent quand vous paierez l’article.

Profit en hausse pour WIPRO au 3ème trimestre.

Le géant Indien du IT Wipro qui a connu une année 2010 mouvementée présente des résultats flatteurs qui valident le changement de stratégie.
Dépassant même Infosys, le n°3 des exportateurs indiens des services informatiques affiche un profit en hausse de 10%.
Rohit Anand, analyste sectoriel à PINC Research salue la performance : « La direction de Wipro semble meilleure que celle d’Infosys et c’est venu comme une surprise positive compte tenu de l’actuelle incertitude économique ».
La nouvelle a eu un effet positif en bourse où l’action a pris 5,1%.
Wipro comme ses comparses du IT Indien dépend essentiellement du business généré aux Etats-Unis et en Europe, 90% des 380.000 crores de roupies (64 milliards d’euros). Un marché avec un potentiel de croissance mondial de 3,12% en 2012 selon Gartner mais qui incite quand même le président de WIPRO, Azim Premji, à un peu de prudence :
« Le sentiment macroéconomique général continue d’être incertain et nous le surveillons de près ».
La restructuration menée par WIPRO se révèle être une stratégie payante, avec un recrutement de 5000 employés sur le trimestre, portant ainsi l’effectif à 136000…

Payer à la livraison : levier du e-commerce

Le COD (Cash On delivery) est certainement la clé du développement promis du commerce en ligne en Inde. Le nombre de clients sur internet a augmenté de 75,6% en 2011, les sites hors voyage ont progressé de 123%, grâce aux 65 millions utilisateurs en croissance constante.
Malgré cela le business généré n’atteint pas les niveaux connus aux USA ou en Angleterre, alors que les produits proposés complètent bien les circuits de distribution où ils ne sont pas disponibles. Le frein principal demeure la méfiance du consommateur Indien qui a besoin de voir et toucher la marchandise.
La confiance est mise à rude épreuve dans ces transactions et le paiement en ligne n’est pas pour arranger les choses.
C’est donc naturellement que s’est imposé le modèle de paiement à la livraison. Il est ainsi possible d’atteindre un public qui ne se limite pas aux possesseurs de cartes de débit ou de crédit.
Les grands du secteur comme Flipkart, HomeShop 18, Letsbuy.com adoptent sans réserve la méthode qui séduit les clients qui l’utilisent à 40-60% même s’ils disposent d’une carte de paiement.
Nipun Arora, Directeur et co-fondateur de Nine North retail commente ainsi : « Le consommateur Indien se sent plus sécurisé d’acheter des produits en payant en liquide, plus que par carte. Quand bien même ils ont une carte de crédit ou de débit, ils préfèrent effectuer leur première transaction en liquide pour s’assurer de la fiabilité de la société. La majorité des jeunes dépendent de l’argent de poche et donc le paiement à la livraison leur permet d’utiliser le liquide en excédent. Le modèle paiement à la livraison permet de conserver le toucher et sentir, qui est un des composants essentiels de l’acte d’achat. »
Flipkart qui croit à un rythme de 100% chaque trimestre a maintenant 60% de ses commandes en paiement à la livraison.
Le revers de la médaille du modèle oblige les sociétés à tirer sur leur BFR. Beaucoup de clients changent d’avis et renvoient les produits. Il en résulte un délai plus important pour l’encaissement des commandes induit par les délais de livraison.
Rien qui ne rebute les investisseurs en tous cas puisque les sociétés du e-commerce ont attiré plus de 200 millions de dollars depuis janvier.

L’Inde dans le top 10 du E-commerce mondial en 2015?

Les prises de position sur le potentiel du e-commerce en Inde se succèdent et confirment le mouvement de fond.

C’est le CEO de E-bay, Murali Krishnan, qui le dit cette fois : « A ce ratio (80% d’internautes d’une population chiffrée à 65 millions par une étude réalisée par Juxt), l’Inde pourrait devenir un des 10 gros carrefours du e-commerce mondial d’ici 2015. »

Un article avec une vidéo très intéressante, publié par BBC News, parle de  cette immense opportunité, mais aussi des challenges que nous avons évoqués dans plusieurs articles de ce blog : la confiance des clients, les paiements en ligne et la logistique.

L’attrait important de cette nouvelle masse de consommateurs pour les marques étrangères devraient inciter celles-ci à pousser le e-commerce en Inde. Le retail brick and mortar (les hypermarchés physiques) étant à nouveau renvoyé au calendres grecques suite à l’opposition farouche de députés hostiles à l’ouverture prônée par le parti au pouvoir, le Congrès.

Cap Gémini développe un nouveau centre d’expertise en Inde

Cap Gemini a annoncé la relance de sa solution ERP+ et la création d’un centre de développement pour supporter le logiciel DuetEnterprise (plateforme collaborative réalisée par SAP et Microsoft).
Basé à Mumbai, ce pôle d’ingénieurs aura pour mission de bâtir les solutions taillées sur mesure pour les clients comme GT Advanced Technologies, un fournisseur global de composants pour les marchés du solaire et des LED.
Le CEO de Cap Gemini Inde, Arun Jayanthi, commente ainsi cette croissance de la présence du groupe français dans son pays:
« Cap Gemini continue à investir en Inde, devenant ainsi le hub de l’innovation du groupe. Cap Gemini jouit d’une grande expertise dans les technologies d’entreprises et nous avons plus de 6000 experts en SAP et Microsoft en Inde. The centre de développement de Cap Gémini pour Duet est un grand pas pour proposer les processus intégrés depuis l’Inde et amène notre agenda pour l’innovation à un échelon supérieur. »

36000 $ de rémunération moyenne pour le haut du panier

Les sociétés indiennes sont parmi les moins rémunératrices au monde. C’est ce qui ressort d’une étude intitulée Salaires IT 2011 au travers le monde. Le salaire moyen révélé par cette étude concerne les niveau moyen au niveau sénior et s’élève à $36,120 par an, ce qui représente moins d’un quart du numéro un de l’étude, la Suisse.
Cette étude a été menée par le recruteur MyHiringClub.com et place l’Inde dans les 10 moins bons payeurs. Elle montre également que l’Europe de l’Ouest paye le mieux et que les pays développés recourent davantage aux parts variables comme les bonus contrairement aux pays qui payent le moins et rémunèrent plus en fixe.
L’analyse de Rajesh Kumar, CEO de MyHiringClub.com est :
« L’impact de l’outsourcing et de l’offshoring des métiers de l’IT en Amérique du Nord et Europe de l’Ouest aide à expliquer le modèle global de rémunération. Les rôles secondaires ont migré vers les régions où le talent est moins cher. L’Inde continue de faire partie des destinations leaders pour le développement IT, grace à son avantage coût. Toutefois l’inflation salariale et la pénurie de talent peuvent émerger comme des challenges majeurs pour garder cette position dans le futur. »

Il serait intéressant de disposer de chiffres sur le bas du panier. L’échelle des salaires et très étendue en Inde, le niveau de rémunération révélé dans cette étude, quoique bas en comparaison mondiale nous semble malgré tout bien supérieur à ce que peut prétendre un débutant moyen (de 2000 à 3000 $).

Les résultats d’Infosys salués par la bourse

Les bonnes nouvelles concrètes sont encore le carburant de base de la bourse. Infosys a annoncé des résultats satisfaisants pour le deuxième trimestre en hausse de 11% avec un profit de 1906 crores de roupies (2000 x 0,15 = 300 millions d’Euros). Bien mieux qu’espéré.

Un bémol toutefois est mis par les analystes en raison de l’influence de la baisse du cours de la roupie sur ce résultat.

La SSII envisage de nouvelles acquisitions stratégiques selon le CEO Shibulal. Petites ou grandes, les cibles doivent permettre de renforcer le spectre de services qui est trop concentré sur les banques aujourd’hui (35,4% du revenu). Une rumeur avancée fait état du rachat d’une grande firme US du secteur public et de la santé.

Baisse de la roupie: pourquoi s’habiller pour l’hiver ?

Le sujet est très récurrent, le cours de la roupie (ou celui du dollar) est un indicateur très suivi pour la rentablité des sociétés informatiques indiennes. La prospérité du secteur est directement impactée puisque 85% du revenu est à l’export et libellé en dollars ou en euros. Que l’un monte ou que l’autre descende c’est la bottom line qui est impactée et le directeur financier qui s’arrache les cheveux.

la roupie face au dollar : mai-septembre 2011

la roupie face au dollar : mai-septembre 2011

Ainsi s’exprime la NASSCOM par la voix du Vice-Président du Global Trade Development, Ameet Nivsarkar : « Le (nouveau) cours a un effet positif marginal, mais la volatilité est préoccupante. En ce moment cela (la roupie) se déprécie, mais il y a quelques temps c’était dans l’autre sens. Cette volatilité rend difficile toute planification et c’est une préoccupation d’un point de vue industriel. »

Cependant les trois grands du service TCS, Infosys et Wipro ont vu leur cours boursier impacté négativement alors qu’on pense habituellement que la dépréciation de la roupie face au dollar valorise automatiquement le revenu perçu en devise. En réalité, la nécessité de se couvrir contre le risque de change rend caduque cet effet en principe bénéfique. Tout l’art consiste à bien anticiper ces mouvements, à quoi sert d’acheter un manteau pour un hiver qui s’avère doux !

source : NDTV

Le marché internet en Inde peut-il tenir ses promesses ?

La confiance affichée par les grands acteurs du web en l’explosion du e-commerce en Inde mérite une analyse attentive de ce qui se produit sur le terrain.

C’est en rassemblant une foule d’informations pour préparer notre conférence lors du salon e-commerce 2011 et en lisant de nombreux articles sur le sujet que ce besoin de décryptage parait évident.

Il y a d’abord des chiffres qui livrés pèle-mêle donnent le tournis. En 2015, le chiffre d’affaires du e-commerce devrait dépasser 40 millions de dollars (il sera de 10 millions pour 2011), 100 millions c’est le nombre d’internautes, en 2014 ce sera 72 millions d’utilisateurs des réseaux sociaux sur mobile alors que Facebook recrute à grande vitesse de nouveaux membres pour atteindre bientôt 40 millions de comptes…

Ce potentiel indiscutable explique les faits observables et les prises de position. Anandan le directeur des opérations de Google en Inde pense que l’évolution sera plus rapide, Amazon est lancé dans la course pour ouvrir un site indien en 2012, les investisseurs américains et indiens n’hésitent pas à injecter des fonds importants dans les startups locales (flipkart, snapdeal, letsbuy, babyoye, …). Ces mêmes investisseurs montrent clairement qu’ils ne sont pas poussés par un effet de mode : « Tout le monde ne survivra pas, mais cette fois c’est pour de bon, le business est là pour y rester », dit Sangeev Aggarwal, Managing Director de Helion Venture Partners. Les entrepreneurs qui occupent le devant de la scène font preuve de charisme, d’imagination et de volonté, comme les deux très relax créateurs de flipkart Sachin Bansal et Binny Bansal (qui ne sont pas de la même famille) ou l’étonnant Kunal Bahl de snapdeal avec son concept du client indien qui peut être satisfait par A, B, C ou D (astrology, bollywood, cricket ou … discount). Tout est presque là pour créer la soupe originelle et faire jaillir la vie…

Pourtant il y a un presque…

D’abord le chiffre de 40 milliards de dollar prévu pour 2015, même s’il signifie une progression de 300% en 3 ans, n’est jamais que ce qu’a fait la France l’an passé tout en continuant sa forte progression. Dans un contexte où le e-commerce se développe à grande vitesse à l’échelle mondiale, on donc peut considérer comme anecdotique, un bond d’une des économies émergentes.

Les moteurs du e-commerce ce sont aussi la connectivité internet, la capacité à payer en ligne, la logistique et une bonne dose de confiance. Pour la connectivité, les progrès sont indiscutables mais on part de loin, ainsi le nombre de connexion haut-débit est de 12 millions seulement dont 35% à moins de 350 Kbps, les internautes se tournent vers la 3G qui est pratique mais pas performante (impossible de garder un appel sur skype plus de 5 minutes). Avec 40% d’Indiens ayant un compte bancaire, la pénétration des cartes à 15% est finalement assez bonne, mais il faudra encore compter beaucoup sur des paiements à la livraison dans une société où les rapports à l’argent sont basés sur une méfiance très profonde. Quand à la logistique, dans l’état, elle aura du mal à améliorer cette confiance, Agarwal de naaptol (un site de comparaison de prix) dit que la moitié de ses clients se plaignent de problèmes de livraison. Le temps est passé où les deux Bansal de flipkart livraient leurs clients sur leurs motos, mais il leur faut désormais une équipe de 400 personnes (qui pourrait monter à 1000 à la fin de l’année) pour ne pas dépendre d’un mauvais service externe.

Ces éléments étant considérés il est intéressant de se pencher sur la répartition du chiffre actuel du e-commerce. On découvre qu’une très grand part du gâteau revient au business du voyage (80 %) et que ce n’est pas un site comme MakeMyTrip qui tient le haut du pavé mais tout simplement le service officiel de Indian Railways, et ce en ne proposant qu’un site minimaliste et pratiquement sans intérêt. Nous voyons deux lectures possibles de cette réalité. La première c’est de se dire que finalement la vente de produits sur internet représente seulement une niche insignifiante, à tel point que Vizisense sort le voyage de ses études. La seconde c’est de comprendre que le succès de la vente des réservations sur internet représente une différence de service considérable pour les consommateurs Indiens (acheter ses billets dans le vrai monde est un véritable défi) et que donc la conversion vers le e-commerce explosera quand l’offre en ligne deviendra vraiment sans comparaison.

Le commerce en ligne de demain c’est aussi celui qu’on pourra faire sur son téléphone mobile. En Inde on est encore et même plus, sur des volumes gigantesques et la technologie est adoptée par toutes les couches sociales. Potentiellement 250 millions d’Indiens pourront accéder à des services en ligne. C’est probablement par ce moyen et dans ce pays que l’avenir du M-Commerce va se jouer.

Quelques articles:

(*) Flipkart attaqué par Amazon sur un marché internet émergent.

(*) 20 sites marquants du e-commerce indien.

(*) Le business internet en Inde est là pour de bon.

(*) Le e-commerce en Inde, la deuxième chance.

(*) Comment entrer sur le marché Indien (Kunal Bahl)

(*) e-commerce en Inde, un rapport de Vizisense



Apple : une explosion en Inde ?

Les analystes de Crédit Suisse voient en l’Inde l’un des plus grands marchés émergents pour Apple. Le chiffre de 9,4 Milliards de dollars est même annoncé pour les 4 années à venir, rien de moins qu’une augmentation de 1000% du revenu estimé pour 2011, c’est à dire 900 millions de dollars.
Les marchés émergents pourraient représenter 63% du revenu additionnel d’Apple d’ici 2015, soit 70 Milliards de dollars.
Toutefois cette estimation pour l’Inde est discutée par des analystes locaux travaillant pour Gartner. Ramenés sur un plan concret les 9 Milliards de dollars représentent des ventes de 10 millions d’Iphone, 5,7 millions de IPads et pratiquement 1 million de laptops ou desktops Mac. C’est impressionnant et malgré la croissance du PIB, la population jeune et galopante, ces projections sont très optimistes et devraient tenir compte de la niche que peut viser Apple et qui ne croît pas aussi vite que la classe moyenne.
Selon Vishal Tripathy, principal analyste chez Gartner, seule une politique agressive de prix pourrait permettre d’atteindre ces niveaux de ventes, or celà ne semble pas une pratique connue d’Apple.
L’argument sur lequel s’appuient les analystes du Crédit Suisse est principalement les relations privilégiées d’Apple avec des leaders locaux des Telecom, Airtel et Vodaphone qui comptent 300 millions d’abonnés.
Pour l’instant selon Cyber Media Research, Samsung est le leader en Inde avec 85% du marché qui en est à ses balbutiements. En 2011 il est espéré un total de vente de 250.000 tablettes PC en Inde.
Le marché est là, on attend donc d’Apple un meilleur positionnement prix et si possible sans transiger sur la qualité.

source DNAIndia

virtualconstellationwork.com