Une étude récente menée par US News shortlist révèle que des industriels Indiens majeurs versent des fonds à la base alumni de l’Université de Harvard. Dans le même temps, les universités indiennes souffrent d’un manque d’infrastructure IT moderne, d’une absence des meilleures pratiques et des difficultés à enrôler des étudiants au top. Les industriels choisissent encore d’investir en occident au lieu d’alimenter de leurs fonds les universités indiennes.
Selon cette étude menée annuellement sur 1800 écoles et sur les rapports de deux ans d’alumni, l’université de Princeton se hisse au sommet, faisant d’elle l’université préférée pour les dons. Il est notable que contrairement aux universités Indiennes, largement financées par les frais d’études, les universités occidentales le sont majoritairement par des donations. Par exemple, 20 pourcent des dépenses de Harvard sont alimentées par les frais alors que 50 pourcent le sont par les dons. Un montant significatif provient de la base d’anciens (alumni). Un certain nombre d’études conduites pour étudier le modèle des donations des alumni apportent de précieux renseignements sur l’âge, l’affiliation et la motivation des généreux mécènes. Ainsi il semblerait que l’espoir de voir ses enfants bénéficier d’un accès facilité aux mêmes institutions puisse être moteur. Il se pense même que Anand Mahindra (repreneur de Satyam) ait donné les sommes les plus élevées à Harvard, alors que ses deux fils cherchaient à être admis au collège.
Ils l’avaient annoncé, ils l’ont fait. L’été dernier les rumeurs les plus insistantes annonçaient l’arrivée du géant du e-commerce dans la plus grande jungle au monde: l’Inde.
Le site Junglee.com, nom qui rappelle un film Hindi sulfureux (à l’échelle indienne bien sûr) des années 1960, a été lancé par Amazon au début du mois de février. Les dates annoncées l’an dernier, premier trimestre, pouvaient laisser penser que l’arrivée réelle interviendrait au deuxième trimestre. Que nenni ! Dès le premier mois de l’année la stratégie est en place.
A commencer par l’annonce fin janvier du démarrage d’un gigantesque centre de distribution à Bombay (Mumbai). Ce centre va permettre de livrer plus rapidement et à coût moindre les dizaines de milliers d’internautes Indiens qui commandaient déjà sur les sites américains et anglais.
Fortement challengé par les sites locaux comme flipkart, Amazon est néanmoins le leader en terme de trafic depuis l’Inde.
Le démarrage du site Junglee va donc permettre d’asseoir cette domination.
Avec un objectif de 12 millions de produits représentant 14000 marques multinationales Indiennes, les 100 millions d’internautes trouveront un choix qui pourra satisfaire une diversité culturelle et consumériste.
Amazon, comme d’autres grandes multinationales non Indiennes, répond au défi lancé par le pas en arrière du gouvernement qui refuse les investissement étrangers directs majoritaires.
Junglee est directement axé sur le concept marketplace, mettant en avant les offres des marchants locaux ou internationaux, de vrais défis en perspective, les petits avertissements présents sur le site en témoignent:
- Vous voyez un problème avec ces offres, informez-nous…
- Pour les articles proposés par des vendeurs internationaux, les prix en roupies affichés sur ce site sont des prix estimés. Le prix final qui vous sera facturé, incluant la livraison, les taxes, fluctue de temps en temps (sic). Additionnellement, votre banque peut appliquer un taux de change différent quand vous paierez l’article.
Le géant Indien du IT Wipro qui a connu une année 2010 mouvementée présente des résultats flatteurs qui valident le changement de stratégie.
Dépassant même Infosys, le n°3 des exportateurs indiens des services informatiques affiche un profit en hausse de 10%.
Rohit Anand, analyste sectoriel à PINC Research salue la performance : « La direction de Wipro semble meilleure que celle d’Infosys et c’est venu comme une surprise positive compte tenu de l’actuelle incertitude économique ».
La nouvelle a eu un effet positif en bourse où l’action a pris 5,1%.
Wipro comme ses comparses du IT Indien dépend essentiellement du business généré aux Etats-Unis et en Europe, 90% des 380.000 crores de roupies (64 milliards d’euros). Un marché avec un potentiel de croissance mondial de 3,12% en 2012 selon Gartner mais qui incite quand même le président de WIPRO, Azim Premji, à un peu de prudence :
« Le sentiment macroéconomique général continue d’être incertain et nous le surveillons de près ».
La restructuration menée par WIPRO se révèle être une stratégie payante, avec un recrutement de 5000 employés sur le trimestre, portant ainsi l’effectif à 136000…
Avec 4 millions de diplômés en 2011 c’est une main d’oeuvre d’ingénieurs et techniciens qui augmente de 700.000 unités comme chaque année.
Voilà de quoi répondre au besoin immense de l’industrie IT qui atteint maintenant 33 milliards de dollars.
Pourtant le vrai souci reste de s’assurer que les talents en sont vraiment et répondent bien au besoin des entreprises. L’effet de masse entraine des tensions sur le marché avec une demande importante certes, mais une offre considérable et donc le besoin pour les recruteurs de ne pas s’y perdre.
Le Nasscom, syndicat du secteur IT a donc développé une initiative, le NSR, National Skills Registery, qui est une base de données nationale des compétences enregistrées et vérifiées. Outre les informations relatives à l’expérience et à la formation, la photo et des données biométriques seront gérées par le système. Plus de 10 millions de comptes ont été enregistrés sur le site web avec 678.000 données biométriques, alors que 115 sociétés ont rejoint la base.
L’Inde poursuit sa quête de crédibilité dans la lignée des initiatives prises pour améliorer la sécurité des données au sein des entreprises.
Le Ministre des Technologies de l’Information de l’Andhra Pradesh, Etat du Sud ayant pour capitale Hyderabad, a présenté fin novembre une tablette Androïd développée par un jeune garçon de 16 ans.
Chiman Prakash Reddy, le jeune concepteur, n’a aucune formation mais s’est passionné pour l’informatique et le développement de jeux, ce qui l’a lancé sur la voie de la créatitivité et de l’entrepreunariat. Il est directeur général de Sareddy Technologies Ltd qui est enregistrée au Royaume-Uni, société qui développe aussi des jeux.
Reddy s’exprime ainsi sur sa tablette : « Nous avons pour objectif de vendre 1000 tablettes le premier mois. Nous discutons avec Reliance Digital et Bajaj Capital pour proposer des plans de financement pour les étudiants et autres ».
Cap Gemini a annoncé la relance de sa solution ERP+ et la création d’un centre de développement pour supporter le logiciel DuetEnterprise (plateforme collaborative réalisée par SAP et Microsoft).
Basé à Mumbai, ce pôle d’ingénieurs aura pour mission de bâtir les solutions taillées sur mesure pour les clients comme GT Advanced Technologies, un fournisseur global de composants pour les marchés du solaire et des LED.
Le CEO de Cap Gemini Inde, Arun Jayanthi, commente ainsi cette croissance de la présence du groupe français dans son pays:
« Cap Gemini continue à investir en Inde, devenant ainsi le hub de l’innovation du groupe. Cap Gemini jouit d’une grande expertise dans les technologies d’entreprises et nous avons plus de 6000 experts en SAP et Microsoft en Inde. The centre de développement de Cap Gémini pour Duet est un grand pas pour proposer les processus intégrés depuis l’Inde et amène notre agenda pour l’innovation à un échelon supérieur. »
Les sociétés indiennes sont parmi les moins rémunératrices au monde. C’est ce qui ressort d’une étude intitulée Salaires IT 2011 au travers le monde. Le salaire moyen révélé par cette étude concerne les niveau moyen au niveau sénior et s’élève à $36,120 par an, ce qui représente moins d’un quart du numéro un de l’étude, la Suisse.
Cette étude a été menée par le recruteur MyHiringClub.com et place l’Inde dans les 10 moins bons payeurs. Elle montre également que l’Europe de l’Ouest paye le mieux et que les pays développés recourent davantage aux parts variables comme les bonus contrairement aux pays qui payent le moins et rémunèrent plus en fixe.
L’analyse de Rajesh Kumar, CEO de MyHiringClub.com est :
« L’impact de l’outsourcing et de l’offshoring des métiers de l’IT en Amérique du Nord et Europe de l’Ouest aide à expliquer le modèle global de rémunération. Les rôles secondaires ont migré vers les régions où le talent est moins cher. L’Inde continue de faire partie des destinations leaders pour le développement IT, grace à son avantage coût. Toutefois l’inflation salariale et la pénurie de talent peuvent émerger comme des challenges majeurs pour garder cette position dans le futur. »
Il serait intéressant de disposer de chiffres sur le bas du panier. L’échelle des salaires et très étendue en Inde, le niveau de rémunération révélé dans cette étude, quoique bas en comparaison mondiale nous semble malgré tout bien supérieur à ce que peut prétendre un débutant moyen (de 2000 à 3000 $).
Regunath Balasubramanian, architecte principal du projet UIDAI (Unique Identification Authority of India*) et Ramesh Chopra, fondateur et éditeur de « Electronics for you » ont inauguré la conférence du Open Source India 2011.
Balasubramanian a déclaré que l’Open source n’est pas encore un mouvement de masse en Inde. Les gens veulent entendre des success stories et les reproduire. Les OSI days sont une bonne plateforme pour partager ces success stories.
La marge qui existe encore dans l’adoption de l’open source est également soulignée par Venkat Mangudi de AssetMapr Inc Inde, un des évangélistes du mouvement : « La formation en PHP est limitée en Inde, alors que Java et Oracle sont proposés dans chaque coin de rue du pays. Il arrive que des promotions entières de collèges soient enrôlées par une même société. Cela les limite et ne leur offre guère de chance d’évoluer ».
(*)Le projet Aadhar (le numéro d’identification à 12 chiffres sur lequel repose l’identication unique en cours en Inde) repose sur les technologies Open Source (OSS) avant tout pour prévenir tout blocage d’un fournisseur, plus que pour des raisons budgétaires.
Durant 3 jours, se tient à Bangalore à partir du 20 novembre la Méga Convention Open Source pour l’Asie. De nombreux experts européens, allemands en grande majorité, sont invités pour intervenir. La France sera représentée par Hugo Hamon, de la société Sensio Lab qui est à l’origine du framework Symphony.
Très orienté sur des sujets techniques et particulièrement en PHP (histoire de la persistance, modèles avancés de programmation objet, tester les applications LAMP, Intégration avec Jenkins, design itératif avec Drupal, WordPress, …) les nombreuses présentations ne négligeront rien de la formidable domination généralisée de l’open source: SOAP et Restful, programmation agile, cloud computing, content delivery network, Social Media, MySql et NoSql…
Une grande surprise ou une évolution ? Le terme Java est absent de toutes les sessions.
Un ensemble de conférences très riches donc, qui a attiré de grands sponsors dont le Gold n’est pas moins que Google.
Diwali, la fête des lumières, célébrée chaque année en Inde vers fin octobre, est comparable à notre fête de Noël, avec des obligations de dépenses bien plus ancrées dans les traditions. C’est pourquoi il est pratiquement légalement imposé d’attribuer une prime souvent équivalente à un mois de salaire (Payment of bonus act).
Mais l’évolution de l’économie et la modernisation des entreprises , surtout dans le IT, avec des méthodes de management orientées résultats bousculent un peu les standards d’attribution des primes, notamment pour les cadres à responsabilité.
Babuji Abraham, responsable RH chez Mintree Ltd, explique que ces primes jouent sur la motivation car elles sont « gagnées et non pas distribuées ». Les sociétés Indiennes qui deviennent aussi globales et donc intègrent des employés d’origines, de cultures, de religions différentes doivent repenser une attribution qui peut sembler pour certains hors de contexte.
Mais en Inde les traditions ont la vie dure. Umesh Dahl, VP HR à LG Electronics Inde, a cette vision alors que sa société distribue des primes de l’ordre de 240% du salaire mensuel : « L’argent donné pour la famille motive grandement les employées. ». La date de Diwali permet aussi à certaines sociétés Indiennes de faire d’une pierre deux coups, en plein milieu d’année fiscale c’est l’occasion de placer l’augmentation bi-annuelle.
Un des leaders du IT, HCL Technologies, a opéré récemment un autre style d’évolution pour cette prime, elle est attribuée à la fondation charitative de la société.