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jeudi, mars 30, 2006
Venkat, 12 ans, copilote
Il organisait dans le Share auto (véhicule qui circule et ramasse des
voyageurs pour quelques roupies) les montées et les descentes, rameutant
au besoin les hésitants qui attendent encore le bus un peu moins cher.
Il
me dit qu'il va à l'école, peut-être n'est-il dans ce share auto que
pour son plaisir...
Madras Boat Club
Je vous ai déjà parlé du club d'aviron, très select, très classe. Voici
en photos, le club, les bateaux, le bassin (vous savez l'égoût à ciel
ouvert) et le personnel chargé de vous mettre dans le bateau s'il vous
plait!
A l'entrée du club un grand panneau argumente pour recruter
des rameurs (-euses):
"Ramer sur la rivière Adyar peut vous
emmener loin. Peut-être aussi loin qu'Oxford ou Cambridge. Ramer peut
vous aider à obtenir une admission dans les meilleures universités du
monde."
mercredi, mars 29, 2006
Métiers de rue: le repassage
J'ai le plaisir de vous présenter l'équipe qui travaille quotidiennement dans mon quartier pour faire le repassage du AF Block... Parfois jusqu'à 21h le soir, à la faible lumière de l'éclairage de la rue. Pratiquement chaque jour, ils remettent en place leur chariot qui sert de table, brûlent des charbons de bois dans leurs immenses fers, et repassent impeccablement (sans oublier la feuille de journal glissée dans la chemise) ce qu'on leur amène pour 2 ou 3 roupies pièce (5 centimes d'euros). Toujours le sourire et un grand bonjour quand je passe, un bonheur simple mais qui rend le quotidien tellement plus agréable.
mardi, mars 28, 2006
femme rickshaw
Pour la première fois aujourd'hui j'ai croisé une femme au guidon de ces intrépides insectes jaunes qui sillonnent la ville. Il y a encore certaines zones cloisonnées, mais les ouvertures se crééent. Toujours des wagons réservés aux femmes dans les trains, mais les guichets affichent "pas de files séparées pour les dames"...
samedi, mars 25, 2006
La fierté du coq
Une information qui n'a rien à voir avec l'Inde, mais qui ne manque pas
d'être soulignée ici dans l'édition de The Hindu aujourd'hui. Chirac a
quitté une séance de la commission européenne pour protester contre
l'utilisation de la langue anglaise par un patron français pour
s'exprimer... Grave offense à notre langue.
A-t-il pensé une
seconde notre Président à l'image désastreuse et arriérée qu'il donne de
notre pays?
Un mois après avoir dépensé des millions pour venir en
Inde tenter de convaincre de notre crédibilité, il vient d'envoyer un
message contradictoire à un pays dont le poids économique grandissant
n'est plus à discuter.
Dans quel but?
jeudi, mars 23, 2006
Un jeune français crée sa boite à Chennai!
Je tiens à faire l'honneur de mon premier commentaire business à Kevin,
25 ans, qui a monté il y a quelques mois sa
société de développement en Inde : L'offshore à
l'envers.
A la recherche d'un stage en Inde, Kevin a été recruté par
l'Alliance Française pour réaliser le site de e-learning: un grand
succès pour un produit qui intéresse maintenant le plus grand groupe
indien: Tata.
Enchanté par l'Inde, Kevin décide donc de rester à
Chennai, renverse tous les obstacles administratifs et démarre une
société qui concurrence de manière crédible les indiens dans leur propre
pré-carré.
Un exemple à méditer à l'heure où nos grands
stratèges des sociétés de services françaises essaient de se replier sur
eux-mêmes pour endiguer l'offshore dont ils craignent les effets. Et
s'ils prenaient le problème à l'envers en devenant offensifs?... D'ici
quelques années l'Inde ne parviendra peut-être plus à répondre à ses
propres besoins. En attendant les américains s'installent massivement et
seront prêts à réagir.
Affichage sauvage (hoardings)
Quatre grands panneaux publicitaires illégaux viennent d'être retirés par le gouvernement du Tamil Nadu, l'un d'eux était même situé dans une école. C'est le début de la curée: 250 doivent être éliminés en une semaine dans le quartier de Mambalam-Guindy. L'Inde, assoifée de consommation, est non seulement le lieu de pollutions atmosphériques, sonores, olfactives, environnementales mais aussi visuelles... Tout à son échelle gigantesque.
mercredi, mars 22, 2006
Chidanbaram: temple dravidien
Une petite visite à Chidanbaram, un lieu important de l'hindouïsme au sud avec un temple dravidien renommé. Retour 25 plus tard un peu décevant. La saleté qu'on trouve un peu partout réussit à s'immiscer même dans ces lieux saints, l'exploitation touristique et commerciale prend prise et les prêtes brahmanes érudits mettent leur savoir à ce service, quelques mots de français pour accueillir le visiteur étranger devant le sanctuaire de Shiva, un registre de dons mentionnant des sommes importantes de plusieurs centaines de roupies... Si au moins l'entretien du temple pouvait être à la hauteur!
jeudi, mars 09, 2006
Les rick-shaws
Autrefois ces "pousse-pousse" étaient mus à la pédale. Aujourd'hui cette
motorisation humaine est conservée pour le transport de marchandises
moins urgentes.
A Chennai le déplacement individuel est remplacé par
des rick-shaws jaunes, triporteurs à moteur, gros vecteurs de pollution.
Tout
voyageur étranger est invariablement soumis à des négociations
interminables pour pouvoir monter à bord. Les prix proposés peuvent
atteindre 3 fois le prix qui serait négocié par un autochtone. Il
convient de bien savoir où on va et être prêt à faire preuve de fermeté
quand on descend, car d'un air désolé le chauffeur tentera de vous dire
que finalement c'était beaucoup plus loin qu'il ne pensait...
Il
devrait vous en coûter en moyenne 8 roupies (0,16 euros du kilomètre),
c'est sans compter la sur-taxe "heavy trafic"ou tarif de nuit. Mais la
plus étonnante c'est quand on vous dit qu'il va falloir mettre de
l'essence, pas de chance ça tombe sur vous. Bien essayé, mais rien à
voir!
Difficile donc d'échapper à la "skin tax". Convoyé par des amis
indiens, ils ont fini par me demander de me cacher lors de leurs
négociations car ma couleur influait fortement sur le prix! A la grande
rage du chauffeur lorsqu'il découvrait ce passager non déclaré...
Une
alternative maintenant, certains circuits sont suivis par des "share
auto", rick-shaws plus grands qui transportent en tassant bien, une
dizaine de passagers (7 roupies contre 40 par exemple).
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mercredi, mars 08, 2006
Women's day
En Inde comme partout dans le monde, le Women's day a été célébré, mais
cela semble bien timide à l'image de la place que prend la femme dans la
société Indienne.
Dans une société démocratique, il semble
logique que cela évolue, mais les freins sont encore importants. Sur la
chaine CNBC (CNN Indien) j'ai noté l'interview de l'actrice Khushboo qui
a souffert d'une forte polémique, allant même jusqu'à des plaintes en
justice, heureusement déboutées, et des manifestations devant sa maison
pour s'être exprimée sur la virginité et le mariage (article
en anglais).
Les filles sont de plus en plus éduquées, et les
femmes accèdent à la vie professionnelle dans des conditions presque
normales (nous avons nous aussi nos injustifiables différences...), mais
la société indienne sait qu'elle doit encore lutter contre les
discriminations à la naissance, comme cette campagne d'affichage contre
la détermination du sexe à des fins peu avouables... Une telle
communication ne semblait pas seulement destinée aux classes sociales
défavorisées. Le ratio de 945 filles pour 1000 garçons en 1991 est passé
à moins de 900 aujourd'hui...
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L'importance des études
Une des raisons qui fait que l'Inde progresse à pas de géant (et ce
n'est qu'un début), c'est l'importance donnée aux études.
Partout,
et pas seulement dans les grandes métropoles, des affiches sauvages pour
des cours de C++, de java, de C#. Des pubs plein les journaux.
Une
grande affiche à la poste pour inscrire son enfant dans un cours privé
permettant d'"optimiser" dès l'age de 4 ans les facultés de calcul
mental (et pas 2x2 s'il vous plait).
Ce qui m'a le plus frappé c'est
tout bêtement un deux pages régulier dans le Deccan Chronicle (disons
l'Union de Reims) avec non pas des mots mêlés mais des problèmes de
maths pour bac+2. Jugez :
"Si le point représenté par le nombre complexe iz subit une rotation de l'origine par un angle de pi/2 ..."
Tournez la page et lisez l'interview d'un groupe rock anglais : "Nous
adorerions composer pour Bollywood".
Ils sont graves je vous
dis, et pas seulement au cricket...
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Edited on: mercredi, mars 08, 2006 5:42 PM
Categories: Education, Vie quotidienne
lundi, mars 06, 2006
offshore médical?
The Hindu relate ce matin la venue d'un patient américain, alpiniste,
qui vient à Chennai afin de se faire opérer des genoux. Séduit par
l'offre sur un serveur web, il n'a pas hésité à faire le déplacement en
raison de la réputation de qualité et des tarifs des soins médicaux dans
cette ville du sud de l'Inde.
En effet le coût des deux opérations
est de 18 lakhs (36000 euros) aux Etats-Unis contre seulement 3 Lakhs en
Inde (6000 euros). De quoi largement rembourser le voyage...
Les cliniques privés n'hésitent pas à s'afficher en pleine page de publicité. The Hindu, en deuxième page : Hysterectomie sans hystérie... visitez notre site web
dimanche, mars 05, 2006
bataille pour l'eau
Est-ce parceque nous avons eu une surprenante pluie de mousson vendredi? Une activité intense semble se passer autour de tous les points d'eau dans le quartier derrière Eliott beach. Des femmes semblent être affectées à une rude tâche: emplir tous les récipients qu'on leur amène. Les cruches autrefois en cuivre ont été remplacées par des modèles en plastique multicolores, donnant ainsi une impression de fête à ce labeur de survie. Comme dans ce puit creusé juste devant une maison.
Plus de photos ... cliquez l'image.
Pêche miraculeuse
Dimanche sur la Eliott beach au sud de Chennai, un peu plus tranquille
que la Marina beach.
L'océan est encore violent ici, mais je me suis
risqué à un petit bain.
Des pêcheurs unissent leurs efforts
en deux groupes pour tirer hors de l'eau un lourd filet. Un homme lâche
la corde pour venir rameuter un groupe de gamins plus occupés à défier
les vagues impétueuses. Je me joins à eux, je suis le bienvenu, un homme
du groupe me lance : "tu aimes l'Inde?"...
Il faudra une
bonne demie-heure encore à trente hommes pour ramener la pêche qui
semble réjouir le groupe. On me dit qu'il y a bien 50 ou 60 kilos de
sardines qui seront vendues 1000 roupies (20 euros).
Dimanche 26 mars je suis retourné dans le village avec des tirages des photos. Ce fut un moment unique de partage avec ces hommes et femmes réjouis par ce petit évènement tout simple dans leur vie quotidienne.
sortie du samedi soir
Envie de danser ? Mais oui c'est possible à Chennai. L'un des seuls
nights-clubs de Chennai est situé dans un des grands hôtels : Le Dublin.
En principe ambiance pub ... Rien à voir... Pas grave.
Enfin le
samedi soir, il y a vraiment du monde et la piste de danse après une
mise en oeuvre laborieuse est surpeuplée. La lumière stroboscopique et
les basses infernales font l'ambiance... Au rythme d'une fusion
disco-brésil-bollywood...
A 23h30, arrêt brutal, la fête est
finie, tout le monde rentre chez soi.☺
samedi, mars 04, 2006
En construction
L'Inde me fait parfois penser à un vaste site web... On s'y promène librement, on voit, on découvre, parfois par des chemins inattendus... Et souvent, brusquement, on tombe sur un chantier "en construction".
C'est le témoignage du dynamisme qui tire la croissance, souvent aussi
la croisée de deux réalités, mais aussi de l'immense travail qui reste à
accomplir. Mais je reste toujours médusé devant ces fourmilières où
s'exécutent des dizaines d'ouvriers et surtout d'ouvrières qui chargent
avec adresse des fardeaux sur leur tête.
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vendredi, mars 03, 2006
Docteur Fixit
L'Inde moderne et puissante que Bush a bien été amené à reconnaitre,
offre toujours un visage à deux vitesses et des priorités qui peuvent
étonner.
Témoin cette pub télé diffusée sur des chaînes
indiennes pour Dr Fixit.
Une famille enfile des vêtements de pluie
comme pour une expédition commando. On prépare les enfants, et au lieu
de sortir sous une pluie de mousson... On ouvre une porte, celle de la
maison de la grand-mère, assise au milieu d'une pièce sous un
parapluie... La maison prend l'eau ... Vite Dr Fixit, le produit idéal
pour colmater les fuites.
jeudi, mars 02, 2006
La circulation
Des milliers de véhicules, bus, auto, moto, rickshaw, share auto, vélo,
mais aussi charrettes diverses et même buffles, vaches ... Tout se
trouve sur n'importe quelle avenue, highway même à quatre voies.
Cette
circulation intense est régulée par des concerts de klaxon, pas si
innocents que ça, une sorte de code subliminal que des européens initiés
affirment avoir intégré intuitivement. Il faut apprendre à ne pas être
surpris par exemple par deux buffles qui arrivent en contresens sur Anna
Salai, l'artère principale de Chennai.
Pas de casque ou peu, pas
de ceinture, j'ai refusé de prendre un bus après avoir inspecté les
pneus, l'un d'eux était ouvert, pas si grave estimait le contrôleur.
Ne
pas lutter non plus, savoir laisser couper la route, changer de
direction, venir en contresens... Lutter c'est empêcher la fluidité. Je
suis sur qu'on aurait à apprendre de certains comportements et que bien
de nos bouchons n'existeraient pas.
Mais l'insouciance et la prise de risque a ses limites. Et quand les dieux en ont assez de faire des miracles, le drame n'est pas loin.
J'ai quand même vu une pauvre femme se faire renverser, et Yann
également a assisté à un accident qui a peut-être valu la vie du
piéton... Ce n'est donc pas si rare.
Une fillette a été tuée en
descendant du petit bus privé qui fait la tournée pour l'école (très
nombreux ici). Le journal The Hindu commentait en proposant des mesures
pour améliorer la sécurité. Un progrès... Comme cet autre article qui
traitait des crashs tests. Cela deviendrait-il une préoccupation?
Il
faut bien avec 80000 morts par an...
En attendant la prise de
conscience individuelle, comme pour cette maman qui installe fièrement
son fils de 4 ans le nez sur le pare-brise du bus privé...
A
voir absolument (quoique un peu accéléré mais moins bruyant que la
réalité...) sur Google vidéo.
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Faire du sport et même de l'aviron
Faire du sport en Inde ... Ce n'est pas trivial.
A 15 minutes de chez
moi j'ai trouvé un fitness center, équipé surtout de tapis de course et
d'instruments de musculation pas toujours en bon état. La climatisation
indispensable (les températures atteignent 35° en février-mars) ne
fonctionne pas en permanence. Outre des indiens sérieux adeptes de
gonflettes, des femmes aussi viennent, certaines vêtues d'un penjabi de
ville, elles s'adonnent plutôt à la marche rapide sur tapis. Aucun
commentaire sur les vestiaires...
Hier j'ai enfin trouvé le Madras
Boat Club. C'est un vrai club d'aviron assez select. J'ai du écrire
une lettre au "captain of boats" pour obtenir la permission d'être
membership temporaire.
Les locaux sont magnifiques, l'équipement en
bâteaux plairait à bien des clubs en France, on sent que ce club a été
créé à la fin du XIXeme siècle par des britanniques...
Le
bassin enfin semble parfait pour l'aviron, le courant faible d'une
rivière qui s'élargit avant de se jeter dans l'océan.
J'espère
être admis comme membre, malgré la cotisation annuelle de 4800 roupies
(96 euros).
Nouvelles le 7 mars ! J'ai du revenir quatre fois avant enfin pouvoir m'inscrire, mais la cotisation est de 5400 roupies pour 3 mois... Enfin cet après-midi j'ai pu monter sur un bateau et ramer sur une rivière indienne. Sensation spéciale, mais le bassin qui de loin semblait magnifique diffuse des odeurs d'égoûts, les arbres qui dépassent de l'eau en cette saison sont couverts de sacs plastique qu'ils ont captés lorsque le lit était bien plus haut pendant la mousson.
mercredi, mars 01, 2006
Chennai (autrefois Madras)
Plus d'information sur Chennai ?
Le wikipedia
est bien complet (en anglais et en français).
Je vous recommande
aussi chennaionline
chennaibest
et
chennaihub.