« août 2007 | Main | juin 2007 »
lundi, juillet 30, 2007
Jour de pluie à Madras
Titre d'un roman c'est aussi ce qui se passe ces derniers jours. A de grosses et étouffantes chaleurs succèdent des orages très violents le soir ou la nuit, mais depuis hier la pluie s'installe. Pas encore toutefois les trombes d'eau de la mousson, la vraie, attendue pour mi-octobre.
Cette année enfin peut-être, une vraie mousson qui redonnera vie et espoir aux paysans qui souffrent ces dernières années.
La pluie est célébrée dans un village par une authentique cérémonie de mariage entre deux poupées: rien n'est oublié, même pas la dot! (vidéo)
Rangoli
Chaque matin cette vieille dame effectue le rituel dessin du rangoli.
Figure géométrique dessinée selon certaines règles et une simple technique qui consiste à placer d'abord des points sur le sol (voir plus d'explications sur ce site).
mardi, juillet 24, 2007
Ma boulette
Je n'ai pas resisté au plaisir d'acquérrir une Royal Enfield, la fameuse Bullet au gros son rond qui pétarade, le gros moncylindre de 350 cc.
Plaisir et confort sur cette moto de légende qui fait partie des clichés indiens. Pourtant les nouveaux modèles ne manquent pas. Un plaisir qui ne coûte neuve que 1600 euros, un an d'assurance comprise. J'ai pris le casque, obligatoire, mais peu le portent (ou mieux ils en portent un mais pas la femme derrière en amazone, ni le petit enfant endormi sur son épaule!).
samedi, juillet 21, 2007
Le 22 à Asnières
Midi, j'appelle une société française pour un renseignement. Il est 8h30 chez vous et je me dis que l'employé qui me répond est bien éveillé pour quelqu'un qui doit commencer tôt sa journée...
Il ne sait pas que je l'appelle depuis l'Inde, où il fait bien chaud, sans doute m'envierait-il... J'utilise le réseau skype qui passe par internet puis par le réseau téléphonique, cela s'appelle "skype out" et je ne paye que 1,7 centimes la minute pour appeler en France.
Dans l'après-midi je rencontre le patron d'un call center qui me dit faire le support téléphonique pour des sociétés françaises, dont celle que j'ai appelée ce matin! L'appel arrive en France, est relayé vers une plateforme aux Etats-Unis, qui rebascule vers Chennai, des bureaux situés à deux kilomètres du mien...
J'ai donc le plaisir de serrer la main à l'aimable personne qui m'a répondu, nos voix ont fait le tour du monde, ont emprunté une dizaine de réseaux terrestres ou satellite... On aurait pu se voir au coffe shop du coin!
jeudi, juillet 19, 2007
mécanique des fluides
Si la plupart du temps les Indiens démontrent leur patience dans les files d'attente, il ne faut pas se laisser surprendre par le comportement délibéremment sans gène de certains. Avancez un pas trop mou vers un guichet et brusquement quelqu'un tentera de vous passer devant. J'ai eu ainsi la surprise d'être repoussé tenu par l'épaule par une jeune fille qui craignait de ne pouvoir monter dans le train.
Trente marches en dix minutes, c'est la vitesse à laquelle la foule s'est écoulée à la gare de Nungambakam. J'étais dans le flux montant qui s'est heurté à un flux descendant. Arrivé en haut j'ai compris la raison de ce blocage incroyable. Chacun des deux flux occupait la largeur maximale de l'escalier à sa base (les descendants en haut, les montants en bas), laissant chacun difficilement s'echapper un à un les membres du flux contraire... C'était donc deux blocs en forme de triangles rectangles à l'hypoténuse commune qui s'affrontaient. Il aurait suffit que l'un des deux groupes se discipline et n'occupe que la moitié de la largeur à sa base pour que la décongestion soit immédiate.
J'avais entendu parler de la mécanique des fluides appliquée aux mouvements des foules, j'ai compris.
mercredi, juillet 18, 2007
Les cohues
Parler de l'Inde en évoquant les cohues peut paraître banal, pourtant les vivre est sujet à expériences particulières. Le train d'abord, avec ses wagons réservés aux femmes, à peine emplis, alors que les autres wagons pleins à craquer poussent sur leurs marchepieds des jeunes intrépides qui s'accrochent en grappes au mépris d'un réel danger. Le bus avec ses mêmes agglutinements humains qui le font tellement pencher qu'on pense qu'il versera sa cargaison au premier virage. J'y suis monté, par l'avant, tellement entassés que je ne me souciais pas de savoir comment payer mon billet au contrôleur toujours assis au fond. "Passe la monnaie m'a-t-on dit, tu seras verbalisé sinon...", ce conseil me semblait désuet dans ce contexte de compression humaine. Bien mal m'en prenait, quelques arrêts plus loin, une patrouille venue en voiture m'attendait, un agent vociférant parvenait à m'extraire de la masse, un autre plus posé m'interrogea et comprit soudain que je n'étais pas indien et donc peut-être ignorant de certaines règles... Le méchant me réclama 500 roupies (10 euros), une fortune, le gentil lui manifesta un air désapprobateur et fixa mon amende au montant réglementaire, c'est à dire 10 roupies (20 centimes). Ainsi s'acheva mon odysée ce soir-là.
dimanche, juillet 15, 2007
Funérailles
Que célèbre-t-on? Une procession bloque le carrefour à l'entrée de Nungambakam. J'entends une série de pétards qui claquent, la musique est assourdissante.
Sur le chariot décoré de fleurs multicolores, un brancard placé sur quatre chaises rouges, une jeune fille d'une vingtaine d'années y repose pour son dernier voyage, précédée d'un groupe de jeunes déchainés sur des danses frénétiques. Impossible d'y définir de la joie, de la tristesse ou de la colère... Cela semble très ambigü.
Le groupe poursuit sa progression au milieu d'un flot de circulation pratiquement indifférent. La pente est raide sous le pont de chemin de fer et quelques hommes redoublent d'efforts pour conduire la défunte vers le bûcher.
vendredi, juillet 13, 2007
Touche pas à ma dot ...
Une scène plus qu'insolite dans les rues d'une ville du Gujarat. Une jeune mère de 22 ans proteste contre le harcèlement de sa belle-famille et de son mari à propos de sa dot, et principalement depuis qu'elle a donnée naissance à une fille il y a quelques mois... Elle a quitté le domicile conjugal depuis mais doit subir des brimades incessantes.
Pour attirer l'attention sur son sort , qui ne doit pas intéresser la police plus que ça, elle a décidé de parcourir les rues en sous-vêtements armée d'une batte de base-ball pour faire fuir curieux, journalistes et moralistes en tout genre.
mardi, juillet 10, 2007
qui est inutile?
Il est assis contre le mur de la station-service, là où le soleil infernal de ce midi de juillet frappe le plus fort. Je l'imagine attendant l'aumone, comme bon nombre de ses semblables sévèrement trahis par la nature. La maigreur de ses jambes ne laisse pas imaginer qu'il puisse compter sur elles.
Mon chauffeur avance un peu son véhicule, va payer son plein et nous chercher un peu d'eau, j'étouffe.
Tout à coup, ondulant comme un serpent sur le sol, je vois l'homme du mur qui pose un gonfleur sur l'une des roues du 4x4 stationné à côté... Puis rapidement passe à la roue arrière, rampant sur le sol, mais pas lourdement comme un soldat sur ses coudes, plutôt une sorte de successions d'appuis légers de multiples points de son corps, provoquant une onde sur la colonne vertébrale proéminente qui paraît être ancrée sur l'omoplate droite.
Je suis médusé par le contraste saisissant entre l'homme du mur que je croyais cloué par un handicap et le professionnel agile qui accomplit sa tâche transformant son challenge naturel en avantage. Bien peu pourraient lui prendre son travail.
Bagages non accompagnés
Voici l'histoire assez rassurante du transit de deux cantines d'un poids de 113 Kg entre Paris et Chennai. M'installant un peu plus sérieusement j'ai décidé d'expédier quelques effets personnels, du matériel informatique, des livres, quelques victuailles du pays...
La récupération de cette expédition est une expérience de celles qui vous plongent dans l'Inde profonde, on adore, on hait, on n'en ressort pas neutre.
Passage au bureau d'Air India, un agent scrute un listing, je comprendrai plus tard qu'il cherche dans cette liste la cible idéale. Celle-ci est blanche de préférence, elle est forcément pressée et pas très avertie, je suis donc celle-ci. Air India me fournit un D.O. (Delivery Order), je paie ma première redevance d'une longue série, 250 roupies (5 euros). L'agent se présente et me vend son service, avec lui, dit-il, je suis assuré de passer sans encombre le parcours sinueux et complexe des formalités. L'étape préliminaire consiste à lui expliquer ce que contiennent les cantines et identifier une proie à sacrifier. Ce sera un scanner d'une valeur avouée de 66 euros que nous livrerons à la sévérité de la taxation douanière.
Nous arrivons dans une salle d'attente sur laquelle donnent plusieurs guichets ou bureaux dans lesquels entrent et sortent papiers à la main des indiens très afférés et paraissant toujours être chez eux partout. Des hommes surtout attendent sur des fauteuils alignés comme dans un bus devant une télé crachant les derniers clips bollywoodiens. Mon agent, très efficace, tantôt agit seul, tantôt m'entraine dans un bureau. Dans le premier il s'explique vertement avec un officiel mais perdra vite l'avantage et prendra le regard fuyant d'un enfant fautif... Simple stratégie j'imagine.
Une série de passage aux tampons ou aux caisses, 61 roupies ici, 361 là, alterne avec des périodes d'attentes devant les expressions lyriques des stars. Suresh, un employé d'une société cargo veille aussi sur moi. Il me tient la conversation et m'assure de son soutien si je veux faire du business au Kerala, car il a là-bas une influence qui est incontournable à ce qu'il prétend. Un peu plus tard mon agent qui a besoin d'un tampon supplémentaire dans un bureau au fin fond du bâtiment administratif, s'appuie sur Suresh, est-il grillé là-bas? Ses accès sont-ils limités?
Enfin je vois mes caisses arriver sur un chariot tiré à la main par un coulis. Mon agent bataille pour faire avancer le chargement dans la file, allez, il n'y a que deux colis! C'est efficace et une fois passés au scanner, il ne me reste plus qu'à aquitter la taxe douanière, 510 roupies (10 euros), je m'en sors bien.
Reste à trouver un petit van pour ramener mes caisses à l'appartement, deal conclu pour 500 roupies, 100 roupies lachés aux coulis, sans oublier 400 pour ce guide qui je dois le reconnaitre m'a rendu l'expérience indolore. Il joue la frustration de la faiblesse de ma commission mais se contente de me prier de le faire connaître... C'est Selva Sundaram, Cargo Clearing Clerk, appelez-le, je vous assure au 98 40 31 21 59.
dimanche, juillet 08, 2007
samedi, juillet 07, 2007
Chennai Citi Center
Centre commercial inauguré quelques jours avant mon départ l'an dernier, je le retrouve bien animé, fréquenté par autant de visiteurs encore ancrés dans la tradition que par des jeunes affichant la fusion indienne avec l'occident. Au dernier étage une suite de restaurants comparables à ceux que l'on trouve dans nos centres commerciaux, pizzas, frites, hamburgers. Un étage plus bas un complexe cinéma. La Chaîne Lifestyle s'étend sur 3 étages et propose des articles occidentaux à des prix que nous connaissons, peut-être un peu moins chers en vêtements. Je me suis offert le plaisir d'une véritable crêpe chocolat: 1,50 euros mais avec la glace et la chantilly... Rien à redire sur la qualité... Quel progrès.
Un dernier détail l'entrée du centre est une reproduction de notre arc de triomphe, reconnaissance de notre raffinement comme me le dit un indien en montant dans l'ascenseur : "You're french, hum, it is told that Paris is where fashion born" (vous êtes français, hum, on dit que c'est là qu'est née la mode").
Visitez le Chennai Citi Center
vendredi, juillet 06, 2007
La Mousson
Premières grosses pluies sur Chennai depuis hier soir...
La mousson sur la côte est ne sera vraiment là qu'en octobre, mais déjà les pluies battantes impressionnent autant qu'elles rafraichissent. Par contre sur la côte ouest et à Bombay en particulier (voir vidéo) les eaux recouvrent les rues, espérons que cela ne conduira pas à de nouveaux drames (effondrement de chaussée) comme les années précédentes.
Je ne suis pas sorti hier, malade d'avoir voulu trop vite plonger dans la nourriture indienne... Je ne pouvais rien avaler, pas même de l'eau, ce qui a une pour conséquence une déshydratation.
jeudi, juillet 05, 2007
Customer Service
Ce matin mon logeur a envoyé l'électricien pour mettre en service une vieille machine à laver avec une belle étiquette bleu-blanc-rouge sur laquelle on peut lire "dessein en france", traduction approximative de "designed in france". Bon pas de quoi être fiers, pour l'instant elle ne fonctionne toujours pas.
Je me suis rendu en ville afin d'acheter de la lessive et un étendoir. Etant donné l'encombrement que représente cet objet, le planton de service, chemise aux épaulettes galonnées, s'est vu assigner la tache de m'accompagner pour porter mon achat jusqu'à mon appartement... Quelle science du service... Mais il ne faut pas oublier les dix roupies de pourboire.
mercredi, juillet 04, 2007
Quelque chose a changé
Après 17 heures de voyage, j'ai atteint Chennai mardi matin, sous la chaleur moite d'un été qui tire en longueur. Bizarre, je n'ai pas été assailli par une horde de rickshaws pour me proposer la course jusqu'en ville, je n'ai pratiquement pas eu à négocier le tarif qui a été très vite raisonable pour un étranger. Dans la ville, plus propre même si les travaux s'éternisent et se multiplient, plus de mendiants, pas de sollicitation excessive de rickshaws.
Je ne retrouverai pas le même appartement que l'an passé, mon propriétaire me propose celui au-dessus de chez lui. Il y a des travaux bien-sûr, cependant je crois que je serai bien dans cet endroit plus coquet.
Récupérer un téléphone portable, me relier à internet, quelques courses de base, me voici en quelques heures installé localement et relié globalement...
Mes premiers rendez-vous sont pris et dès ce mercredi matin je peux entreprendre la tache que je me suis dévolue.