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lundi, décembre 31, 2007
Se soigner en Inde
Je profite d'une récente expérience d'un parcours médical pour donner quelques informations.
On trouve facilement de nombreux médecins, cabinets médicaux et laboratoires d'analyses. Le niveau des médecins n'a le plus souvent rien à envier à ceux de leurs homologues occidentaux et de nombreux professionnels ont étudié ou exercé en angleterre (il y a quelques semaines d'ailleurs de grandes manifestations de professionnels indiens dans ce pays ont abouti au renouvellement de leur visa qui était menacé). A côté de cette médecine standard fleurissent également de nombreux practiciens de médecines douces alternatives.
Il faut dire que le niveau de santé des indiens n'est généralement pas glorieux, non seulement à cause de la malnutrition pour les plus pauvres, mais davantage le surpoids, le diabète des plus aisés... La vue semble être aussi une grande faiblesse du pays (on peut craindre le pire sur la route dans quelques années), les cabinets ophtalmologistes plus ou moins officiels poussent comme des champignons avec de grands panneaux affichant "contrôle des yeux assisté par ordinateur". Les centres de fitness font le plein, non pas de sportifs, mais bien plus d'hommes et de femmes en charge pondérale excessive qui s'essoufflent péniblement en marchant à 6 km/h sur des tapis de course.
C'est un problème de calcul rénal qui m'a conduit à vivre grandeur nature quelques étapes.
Je me suis d'abord rendu dans un grand hopital privé de Chennai (Miot Hospital Chennai (sud-ouest) ). Très moderne, bien équipé, proposant des méthodes chirurgicales à la pointe, cet établissement est fréquenté par de nombreux étrangers, riches arabes du golfe d'abord, mais aussi des américains, néerlandais, australiens qui peuvent subir des opérations pour un dixième du prix pratiqué dans leur pays. J'ai consulté un urologue, ce qui m'a coûté 3 euros pour un droit à 3 consultations. Il m'a prescrit une radio et une échographie qui au total sont revenu à 13 euros et une analyse complète sang et urine pour 7 euros. Seule mauvaise surprise un traitement anti-biotique d'une semaine à 20 euros. Pour la petite histoire mes examens ont été réalisés au centre Louis Pasteur, ce qui m'a donné un petit air du pays, malheureusement aucun des employés indiens ne savait qui il était ni d'où il était...
A Salem, je suis allé voir un autre médecin alternatif qu'on m'a conseillé, retraité de l'armée de l'air, il va pouvoir me proposer un traitement qui devrait éliminer le calcul de façon naturelle. Il m'a montré pour preuve toute une collection de cailloux qu'on croirait recueillis sur la lune, comme autant de preuves de succès. Il travaille gratuitement, c'est son plaisir.
Je pensais pouvoir m'en sortir avec une cure d'eau de coco (ne pas appeler lait de coco comme on le dit chez nous), j'avais vu sur le web qu'elle pouvait avoir des qualités, le médecin me le déconseille en raison de la forte teneur en potassium... Dommage j'avais commencé à prendre goût à m'arrêter pour déguster à la paille, à même la noix verte fraichement entaillée par le marchant ambulant, 400 millilitres de cette boisson très légèrement sucrée et hautement désaltérante.
jeudi, décembre 27, 2007
Les Femmes comme victimes
Le magazine indien FrontLine consacre 30 pages à un dossier sur la condition féminine en Inde qui ne s'améliore pas. "Il y a eu une escalade de toutes formes de violence faites aux femmes en Inde ces deux dernières décades, les plus vulnérables économiquement forment la majorité de cette tendance qui a été favorisé semble-t-il par les conditions créées par les réformes économiques en cours".
cliquez l'image pour voir le dossier sur le site Frontline
Parmi ces violences, viols, coups, enlèvements, esclavage sexuel, chantages et harcèlement autour de la dot pouvant aller jusqu'au meurtre, on trouve également le refus du droit à la vie: "Peut-être même la plus grande forme de violence faite aux femmes est le refus du droit à la vie en raison du sexe". Bien qu'il existe un PNDT acte établi en 1994 (Diagnostic pré-natal) l'usage de la technique échographique pour éliminer les filles est très répandu. Il en résulte un fort déséquilibre des naissances filles-garçon, encore plus frappant dans les milieux aisés. Ainsi dans l'Etat du Maharashtra (Bombay), la Sugar belt (ceinture de sucre), qui désigne la grande couronne autour de la mégapole, le ratio descend jusque 850 filles pour 1000 garçons... 15% de filles éliminées avant la naissance (hors avortements thérapeutiques)! Le Hindu, quotidien national, cite dans son édition du 26-12, un chiffre de 762 pour 1000 dans la région la plus huppée de New Delhi.
Pour les plus pauvres qui ne peuvent recourir aux techniques médicales, c'est l'abandon à la naissance ou même l'infanticide purement et simplement. Le même numéro du Hindu relate la découverte d'un bébé fille déposé sur une route à grande circulation à Coimbatore (Tamil Nadu). L'enfant a été découverte à temps et pris en charge par une asscociation, alors que des chiens errants commençaient à l'approcher.
J'ai passé Noël chez des amis indiens qui ont recueilli un bébé fille il y a trois ans. Des inconnus l'ont déposée devant la porte. Mes amis n'étaient alors pas en mesure de s'occuper de l'enfant en raison de problèmes de santé, c'est leur cusinière qui a généreusement décidé de la prendre avec elle, mes amis s'engageant à assurer le soutien financier. La petite fille a trois ans maintenant...