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dimanche, avril 13, 2008
Le lancer de bébé
C'est un rituel aussi inquiétant que dangereux qui a lieu dans le Kanataka (Etat voisin du tamil Nadu): Des bébés sont jetés depuis le toit d'un temple et réceptionnés dans une couverture tendue par des personnes au sol. La croyance veut que cela rende l'enfant plus fort.
C'est une vieille tradition qui se perpétue certains jours particuliers au temple Maruti.
Le Super-intendant de la police du district affirme que cette ancienne coutume ne présente aucun caractère illégal. Il n'y a donc, dit-il, aucune infraction et aucun incident n'a été répertorié.
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"Si vous faîtes cela, c'est bon pour l'enfant. Ils deviennent en bonne santé et recoivent la bénédiction du dieu. Les bébés ont entre 9 et 11 mois parfois moins" explique Jayashree une maman, "cela leur donne du courage, de l'intelligence et de la force, c'est une vieille tradition. ces gens ont toujours fait cela et continueront de le faire". |
La foule nombreuse qui est attirée par ce rituel permet de mesurer combien c'est une pratique populaire.
Courage ou inconscience, reste à voir... Ce serait intéressant de demander aux adultes de se jeter de la même façon, je me demande si les arguments de bonne santé, de force, de bénédiction ne trouveraient pas soudainement des contre-arguments tout aussi subjectifs. Le bébé au moins il n'est pas en age de protester contre cette pratique, c'est le fun assuré pour ceux qui décident à sa place.
mercredi, avril 05, 2006
Métiers de rue: Cordonnier
... Et cireur de chaussures. Installé sur le trottoir près de la poste, comme si c'était chez lui, cet homme répare avec quelques outils rudimentaires mais un savoir-faire éprouvé les chaussures. Je lui confie régulièrement les miennes pour un cirage qui est exécuté dans les règles de l'art pour 8 roupies (0,16 euros).
Outre les vendeurs de bananes ou noix de coco, on retrouve souvent ainsi sur le trottoir des tailleurs, des couturiers, et même des ... dentistes.
lundi, avril 03, 2006
Aya
En Tamoul Aya signifie grand-mère. Souvent elle exerçait le rôle ou le
métier de garde d'enfants à domicile, puis sont venus plus largement les
tâches ménagères.
Mon Aya a donc été durant deux mois
mon employée de maison, une heure par jour, le propriétaire se chargeant
de la payer pour éviter "l'inflation"... Je lui confiais en plus le
linge à laver (2 roupies pièce). Elle est autorisée par le propriétaire
à dormir à l'étage, dehors, sur une étroite bande entre la maison et
celle du voisin. Elle semble travailler pour d'autres maisons dans le
quartier et effectue chaque matin vers 6h, le balayage devant les trois
maisons avant d'arroser le devant et de dessiner sur le sol un tangram
rituel.
Son fils Kumar est le livreur d'eau chez les particuliers (de
grosses bonbonnes comme on voit souvent dans les collectivités) - car
l'eau du robinet est impropre à la consommation.
jeudi, mars 30, 2006
Madras Boat Club
Je vous ai déjà parlé du club d'aviron, très select, très classe. Voici
en photos, le club, les bateaux, le bassin (vous savez l'égoût à ciel
ouvert) et le personnel chargé de vous mettre dans le bateau s'il vous
plait!
A l'entrée du club un grand panneau argumente pour recruter
des rameurs (-euses):
"Ramer sur la rivière Adyar peut vous
emmener loin. Peut-être aussi loin qu'Oxford ou Cambridge. Ramer peut
vous aider à obtenir une admission dans les meilleures universités du
monde."
mercredi, mars 29, 2006
Métiers de rue: le repassage
J'ai le plaisir de vous présenter l'équipe qui travaille quotidiennement dans mon quartier pour faire le repassage du AF Block... Parfois jusqu'à 21h le soir, à la faible lumière de l'éclairage de la rue. Pratiquement chaque jour, ils remettent en place leur chariot qui sert de table, brûlent des charbons de bois dans leurs immenses fers, et repassent impeccablement (sans oublier la feuille de journal glissée dans la chemise) ce qu'on leur amène pour 2 ou 3 roupies pièce (5 centimes d'euros). Toujours le sourire et un grand bonjour quand je passe, un bonheur simple mais qui rend le quotidien tellement plus agréable.
jeudi, mars 09, 2006
Les rick-shaws
Autrefois ces "pousse-pousse" étaient mus à la pédale. Aujourd'hui cette
motorisation humaine est conservée pour le transport de marchandises
moins urgentes.
A Chennai le déplacement individuel est remplacé par
des rick-shaws jaunes, triporteurs à moteur, gros vecteurs de pollution.
Tout
voyageur étranger est invariablement soumis à des négociations
interminables pour pouvoir monter à bord. Les prix proposés peuvent
atteindre 3 fois le prix qui serait négocié par un autochtone. Il
convient de bien savoir où on va et être prêt à faire preuve de fermeté
quand on descend, car d'un air désolé le chauffeur tentera de vous dire
que finalement c'était beaucoup plus loin qu'il ne pensait...
Il
devrait vous en coûter en moyenne 8 roupies (0,16 euros du kilomètre),
c'est sans compter la sur-taxe "heavy trafic"ou tarif de nuit. Mais la
plus étonnante c'est quand on vous dit qu'il va falloir mettre de
l'essence, pas de chance ça tombe sur vous. Bien essayé, mais rien à
voir!
Difficile donc d'échapper à la "skin tax". Convoyé par des amis
indiens, ils ont fini par me demander de me cacher lors de leurs
négociations car ma couleur influait fortement sur le prix! A la grande
rage du chauffeur lorsqu'il découvrait ce passager non déclaré...
Une
alternative maintenant, certains circuits sont suivis par des "share
auto", rick-shaws plus grands qui transportent en tassant bien, une
dizaine de passagers (7 roupies contre 40 par exemple).
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mercredi, mars 08, 2006
Women's day
En Inde comme partout dans le monde, le Women's day a été célébré, mais
cela semble bien timide à l'image de la place que prend la femme dans la
société Indienne.
Dans une société démocratique, il semble
logique que cela évolue, mais les freins sont encore importants. Sur la
chaine CNBC (CNN Indien) j'ai noté l'interview de l'actrice Khushboo qui
a souffert d'une forte polémique, allant même jusqu'à des plaintes en
justice, heureusement déboutées, et des manifestations devant sa maison
pour s'être exprimée sur la virginité et le mariage (article
en anglais).
Les filles sont de plus en plus éduquées, et les
femmes accèdent à la vie professionnelle dans des conditions presque
normales (nous avons nous aussi nos injustifiables différences...), mais
la société indienne sait qu'elle doit encore lutter contre les
discriminations à la naissance, comme cette campagne d'affichage contre
la détermination du sexe à des fins peu avouables... Une telle
communication ne semblait pas seulement destinée aux classes sociales
défavorisées. Le ratio de 945 filles pour 1000 garçons en 1991 est passé
à moins de 900 aujourd'hui...
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L'importance des études
Une des raisons qui fait que l'Inde progresse à pas de géant (et ce
n'est qu'un début), c'est l'importance donnée aux études.
Partout,
et pas seulement dans les grandes métropoles, des affiches sauvages pour
des cours de C++, de java, de C#. Des pubs plein les journaux.
Une
grande affiche à la poste pour inscrire son enfant dans un cours privé
permettant d'"optimiser" dès l'age de 4 ans les facultés de calcul
mental (et pas 2x2 s'il vous plait).
Ce qui m'a le plus frappé c'est
tout bêtement un deux pages régulier dans le Deccan Chronicle (disons
l'Union de Reims) avec non pas des mots mêlés mais des problèmes de
maths pour bac+2. Jugez :
"Si le point représenté par le nombre complexe iz subit une rotation de l'origine par un angle de pi/2 ..."
Tournez la page et lisez l'interview d'un groupe rock anglais : "Nous
adorerions composer pour Bollywood".
Ils sont graves je vous
dis, et pas seulement au cricket...
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Edited on: mercredi, mars 08, 2006 5:42 PM
Categories: Education, Vie quotidienne
dimanche, mars 05, 2006
bataille pour l'eau
Est-ce parceque nous avons eu une surprenante pluie de mousson vendredi? Une activité intense semble se passer autour de tous les points d'eau dans le quartier derrière Eliott beach. Des femmes semblent être affectées à une rude tâche: emplir tous les récipients qu'on leur amène. Les cruches autrefois en cuivre ont été remplacées par des modèles en plastique multicolores, donnant ainsi une impression de fête à ce labeur de survie. Comme dans ce puit creusé juste devant une maison.
Plus de photos ... cliquez l'image.
Pêche miraculeuse
Dimanche sur la Eliott beach au sud de Chennai, un peu plus tranquille
que la Marina beach.
L'océan est encore violent ici, mais je me suis
risqué à un petit bain.
Des pêcheurs unissent leurs efforts
en deux groupes pour tirer hors de l'eau un lourd filet. Un homme lâche
la corde pour venir rameuter un groupe de gamins plus occupés à défier
les vagues impétueuses. Je me joins à eux, je suis le bienvenu, un homme
du groupe me lance : "tu aimes l'Inde?"...
Il faudra une
bonne demie-heure encore à trente hommes pour ramener la pêche qui
semble réjouir le groupe. On me dit qu'il y a bien 50 ou 60 kilos de
sardines qui seront vendues 1000 roupies (20 euros).
Dimanche 26 mars je suis retourné dans le village avec des tirages des photos. Ce fut un moment unique de partage avec ces hommes et femmes réjouis par ce petit évènement tout simple dans leur vie quotidienne.
sortie du samedi soir
Envie de danser ? Mais oui c'est possible à Chennai. L'un des seuls
nights-clubs de Chennai est situé dans un des grands hôtels : Le Dublin.
En principe ambiance pub ... Rien à voir... Pas grave.
Enfin le
samedi soir, il y a vraiment du monde et la piste de danse après une
mise en oeuvre laborieuse est surpeuplée. La lumière stroboscopique et
les basses infernales font l'ambiance... Au rythme d'une fusion
disco-brésil-bollywood...
A 23h30, arrêt brutal, la fête est
finie, tout le monde rentre chez soi.☺
vendredi, mars 03, 2006
Docteur Fixit
L'Inde moderne et puissante que Bush a bien été amené à reconnaitre,
offre toujours un visage à deux vitesses et des priorités qui peuvent
étonner.
Témoin cette pub télé diffusée sur des chaînes
indiennes pour Dr Fixit.
Une famille enfile des vêtements de pluie
comme pour une expédition commando. On prépare les enfants, et au lieu
de sortir sous une pluie de mousson... On ouvre une porte, celle de la
maison de la grand-mère, assise au milieu d'une pièce sous un
parapluie... La maison prend l'eau ... Vite Dr Fixit, le produit idéal
pour colmater les fuites.
jeudi, mars 02, 2006
La circulation
Des milliers de véhicules, bus, auto, moto, rickshaw, share auto, vélo,
mais aussi charrettes diverses et même buffles, vaches ... Tout se
trouve sur n'importe quelle avenue, highway même à quatre voies.
Cette
circulation intense est régulée par des concerts de klaxon, pas si
innocents que ça, une sorte de code subliminal que des européens initiés
affirment avoir intégré intuitivement. Il faut apprendre à ne pas être
surpris par exemple par deux buffles qui arrivent en contresens sur Anna
Salai, l'artère principale de Chennai.
Pas de casque ou peu, pas
de ceinture, j'ai refusé de prendre un bus après avoir inspecté les
pneus, l'un d'eux était ouvert, pas si grave estimait le contrôleur.
Ne
pas lutter non plus, savoir laisser couper la route, changer de
direction, venir en contresens... Lutter c'est empêcher la fluidité. Je
suis sur qu'on aurait à apprendre de certains comportements et que bien
de nos bouchons n'existeraient pas.
Mais l'insouciance et la prise de risque a ses limites. Et quand les dieux en ont assez de faire des miracles, le drame n'est pas loin.
J'ai quand même vu une pauvre femme se faire renverser, et Yann
également a assisté à un accident qui a peut-être valu la vie du
piéton... Ce n'est donc pas si rare.
Une fillette a été tuée en
descendant du petit bus privé qui fait la tournée pour l'école (très
nombreux ici). Le journal The Hindu commentait en proposant des mesures
pour améliorer la sécurité. Un progrès... Comme cet autre article qui
traitait des crashs tests. Cela deviendrait-il une préoccupation?
Il
faut bien avec 80000 morts par an...
En attendant la prise de
conscience individuelle, comme pour cette maman qui installe fièrement
son fils de 4 ans le nez sur le pare-brise du bus privé...
A
voir absolument (quoique un peu accéléré mais moins bruyant que la
réalité...) sur Google vidéo.
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Faire du sport et même de l'aviron
Faire du sport en Inde ... Ce n'est pas trivial.
A 15 minutes de chez
moi j'ai trouvé un fitness center, équipé surtout de tapis de course et
d'instruments de musculation pas toujours en bon état. La climatisation
indispensable (les températures atteignent 35° en février-mars) ne
fonctionne pas en permanence. Outre des indiens sérieux adeptes de
gonflettes, des femmes aussi viennent, certaines vêtues d'un penjabi de
ville, elles s'adonnent plutôt à la marche rapide sur tapis. Aucun
commentaire sur les vestiaires...
Hier j'ai enfin trouvé le Madras
Boat Club. C'est un vrai club d'aviron assez select. J'ai du écrire
une lettre au "captain of boats" pour obtenir la permission d'être
membership temporaire.
Les locaux sont magnifiques, l'équipement en
bâteaux plairait à bien des clubs en France, on sent que ce club a été
créé à la fin du XIXeme siècle par des britanniques...
Le
bassin enfin semble parfait pour l'aviron, le courant faible d'une
rivière qui s'élargit avant de se jeter dans l'océan.
J'espère
être admis comme membre, malgré la cotisation annuelle de 4800 roupies
(96 euros).
Nouvelles le 7 mars ! J'ai du revenir quatre fois avant enfin pouvoir m'inscrire, mais la cotisation est de 5400 roupies pour 3 mois... Enfin cet après-midi j'ai pu monter sur un bateau et ramer sur une rivière indienne. Sensation spéciale, mais le bassin qui de loin semblait magnifique diffuse des odeurs d'égoûts, les arbres qui dépassent de l'eau en cette saison sont couverts de sacs plastique qu'ils ont captés lorsque le lit était bien plus haut pendant la mousson.
mardi, février 28, 2006
On sonne à la porte ...
Aujourd'hui ce sont des représentants d'une "bakery" (boulangerie). J'ai eu énormément de mal à m'en débarrasser, ils parlent vite et avec autorité, ne semblent pas comprendre comment il peut être possible que je ne veuille pas de biscuits... Et puis la voisine du dessus en a pris, elle, alors quoi ...
L'autre jour j'ai eu la visite d'un représentant en aspirateur... Cela m'a rappelé les années 60 en France.
L'Inde est en plein développement, le taux d'équipement des ménages est encore faible, mais la demande devient importante... Voilà un pays qui n'a pas à se faire de soucis pour sa croissance. En france nous en sommes plus à chercher ce qui aujourd'hui pourrait intéresser les gens qui sont déjà bien équipés.