dimanche, avril 13, 2008

Le lancer de bébé

C'est un rituel aussi inquiétant que dangereux qui a lieu dans le Kanataka (Etat voisin du tamil Nadu): Des bébés sont jetés depuis le toit d'un temple et réceptionnés dans une couverture tendue par des personnes au sol. La croyance veut que cela rende l'enfant plus fort.

C'est une vieille tradition qui se perpétue certains jours particuliers au temple Maruti.

Le Super-intendant de la police du district affirme que cette ancienne coutume ne présente aucun caractère illégal. Il n'y a donc, dit-il, aucune infraction et aucun incident n'a été répertorié.

Bébé jeté du toit d'un temple en Inde

"Si vous faîtes cela, c'est bon pour l'enfant. Ils deviennent en bonne santé et recoivent la bénédiction du dieu. Les bébés ont entre 9 et 11 mois parfois moins" explique Jayashree une maman, "cela leur donne du courage, de l'intelligence et de la force, c'est une vieille tradition. ces gens ont toujours fait cela et continueront de le faire".

La foule nombreuse qui est attirée par ce rituel permet de mesurer combien c'est une pratique populaire.

Courage ou inconscience, reste à voir... Ce serait intéressant de demander aux adultes de se jeter de la même façon, je me demande si les arguments de bonne santé, de force, de bénédiction ne trouveraient pas soudainement des contre-arguments tout aussi subjectifs. Le bébé au moins il n'est pas en age de protester contre cette pratique, c'est le fun assuré pour ceux qui décident à sa place.

Posted by Fred at 5:10 PM
Categories: Vie quotidienne

lundi, avril 07, 2008

Un fils à tout prix

Le désir presque vital d'avoir un fils est si poussé que même au-delà des frontières indiennes, la diaspora cultive cette obsession au point de perturber les statistiques naturelles aux Etats-Unis. Une étude récente vient de le démontrer avec notamment ce chiffre impressionnant: Si l'aîné est une fille alors le ratio est de 114 garçons pour 100 filles pour le suivant - ce qui est déjà hors norme - mais si les deux aînées sont des filles ce ratio bondit à 198 pour 100. Il ne fait aucun doute de le diagnostic prénatal du sexe entraine le choix d'élimination des filles si la configuration familiale est défavorable (sic).

Il n'y a pas de loi aux Etats-Unis limitant l'usage de diagnostic pré-natal et le progrès scientifique aidant, des tests sanguins permettent d'être informé sur le sexe dès la cinquième semaine de grossesse. Des tests à faire soi-même qui sont maintenant aussi envoyés à la famille en Inde pour perpétuer cette sélection contre les filles.

L'étude montre que cette déviation concerne aussi d'autres communauté d'Asie comme chinoise et coréenne, mais l'Inde reste le "leader" incontesté du déséquilibre, certainement pas naturel, des naissances, avec pour le pays entier un ratio de 927 filles pour 1000 garçons, pire que le Nigéria (965) et le voisin Pakistan (958).

Article en anglais (Times of India)

Posted by Fred at 8:39 AM
Edited on: dimanche, avril 13, 2008 5:18 PM
Categories:

samedi, janvier 12, 2008

TATA NANO: La voiture à UN LAKH !

Dans toute la communication qui est reprise en France autour de la fameuse NANO du constructeur automobile indien TATA, un élément crucial est complètement négligé par la presse.

Certes c'est bien la voiture neuve la moins chère du monde, mais même cet attribut ne peut pas rendre le véritable impact psychologique qu'est l'annonce en Inde d'une voiture à UN LAKH. Qu'un Lakh (de roupies) représente 1700 euros ou 2500 dollars n'évoque rien d'aussi symbolique et percutant.

Le lakh est une unité de mesure correspondant à 100.000, pas forcément de l'argent, mais ramené sur ce terrain économique, le seuil du lakh de roupies est dans la culture collective symbôle de richesse. Avec une croissance qui frise les 10% depuis quelques années, parler de son salaire en lakhs devient moins un privillège, mais l'image reste forte. Les fourchettes de salaires sont en Inde, comme dans beaucoup de pays émergents, très larges, mais "toucher" un lakh par an est ce que peut espérer de mieux moins de la moitié de la population (sans parler du seuil de pauvreté qui concerne une couche importante de la population, qui prend 5 ans pour accumuler le fameux lakh, mais à ce salaire pas d'économie possible bien sûr il faut bien (sur)vivre).

C'est donc dommage que les médias n'aient pas apporté l'éclairage de cette annonce et se soient focalisés sur l'intérêt technique du produit. En faisant cette annonce TATA a fait passer un message subliminal au plus gros marché mondial en devenir. On discute aussi la capacité de cette voiture à conquérir notre marché... Ce n'est pas là selon moi l'enjeu économique majeur, au contraire, on devrait s'inquiéter de comprendre que l'industrie automobile française (et d'autres) sont passés à côté d'une formidable opportunité: celle de se placer dans un marché gigantesque.

Côté anecdotique de l'arrivée de la NANO: Est-ce la fin des rickshaws, ces petits véhicules à trois roues utilisés pour le transport collectif ? Le prix est similaire, le véhicule beaucoup moins polluant, plus sûr aussi...Des chauffeurs de ces engins souhaiteraient voir la NANO homologuée pour le transport en commun. En attendant c'est un coup de plus pour l'industrie two-whellers (deux-roues) qui voit sa part de marché s'éroder depuis quelques années.

Posted by Fred at 7:11 PM
Edited on: samedi, janvier 12, 2008 7:20 PM
Categories: Infos

lundi, décembre 31, 2007

Se soigner en Inde

Je profite d'une récente expérience d'un parcours médical pour donner quelques informations.

On trouve facilement de nombreux médecins, cabinets médicaux et laboratoires d'analyses. Le niveau des médecins n'a le plus souvent rien à envier à ceux de leurs homologues occidentaux et de nombreux professionnels ont étudié ou exercé en angleterre (il y a quelques semaines d'ailleurs de grandes manifestations de professionnels indiens dans ce pays ont abouti au renouvellement de leur visa qui était menacé). A côté de cette médecine standard fleurissent également de nombreux practiciens de médecines douces alternatives.

Il faut dire que le niveau de santé des indiens n'est généralement pas glorieux, non seulement à cause de la malnutrition pour les plus pauvres, mais davantage le surpoids, le diabète des plus aisés... La vue semble être aussi une grande faiblesse du pays (on peut craindre le pire sur la route dans quelques années), les cabinets ophtalmologistes plus ou moins officiels poussent comme des champignons avec de grands panneaux affichant "contrôle des yeux assisté par ordinateur". Les centres de fitness font le plein, non pas de sportifs, mais bien plus d'hommes et de femmes en charge pondérale excessive qui s'essoufflent péniblement en marchant à 6 km/h sur des tapis de course.

C'est un problème de calcul rénal qui m'a conduit à vivre grandeur nature quelques étapes.

Je me suis d'abord rendu dans un grand hopital privé de Chennai (Miot Hospital Chennai (sud-ouest) ). Très moderne, bien équipé, proposant des méthodes chirurgicales à la pointe, cet établissement est fréquenté par de nombreux étrangers, riches arabes du golfe d'abord, mais aussi des américains, néerlandais, australiens qui peuvent subir des opérations pour un dixième du prix pratiqué dans leur pays. J'ai consulté un urologue, ce qui m'a coûté 3 euros pour un droit à 3 consultations. Il m'a prescrit une radio et une échographie qui au total sont revenu à 13 euros et une analyse complète sang et urine pour 7 euros. Seule mauvaise surprise un traitement anti-biotique d'une semaine à 20 euros. Pour la petite histoire mes examens ont été réalisés au centre Louis Pasteur, ce qui m'a donné un petit air du pays, malheureusement aucun des employés indiens ne savait qui il était ni d'où il était...

A Salem, je suis allé voir un autre médecin alternatif qu'on m'a conseillé, retraité de l'armée de l'air, il va pouvoir me proposer un traitement qui devrait éliminer le calcul de façon naturelle. Il m'a montré pour preuve toute une collection de cailloux qu'on croirait recueillis sur la lune, comme autant de preuves de succès. Il travaille gratuitement, c'est son plaisir.

Je pensais pouvoir m'en sortir avec une cure d'eau de coco (ne pas appeler lait de coco comme on le dit chez nous), j'avais vu sur le web qu'elle pouvait avoir des qualités, le médecin me le déconseille en raison de la forte teneur en potassium... Dommage j'avais commencé à prendre goût à m'arrêter pour déguster à la paille, à même la noix verte fraichement entaillée par le marchant ambulant, 400 millilitres de cette boisson très légèrement sucrée et hautement désaltérante.

Posted by Fred at 9:21 AM
Edited on: lundi, janvier 07, 2008 11:42 AM
Categories:

jeudi, décembre 27, 2007

Les Femmes comme victimes

Le magazine indien FrontLine consacre 30 pages à un dossier sur la condition féminine en Inde qui ne s'améliore pas. "Il y a eu une escalade de toutes formes de violence faites aux femmes en Inde ces deux dernières décades, les plus vulnérables économiquement forment la majorité de cette tendance qui a été favorisé semble-t-il par les conditions créées par les réformes économiques en cours".

girl found abandonned in a gunny bag cliquez l'image pour voir le dossier sur le site Frontline

Parmi ces violences, viols, coups, enlèvements, esclavage sexuel, chantages et harcèlement autour de la dot pouvant aller jusqu'au meurtre, on trouve également le refus du droit à la vie: "Peut-être même la plus grande forme de violence faite aux femmes est le refus du droit à la vie en raison du sexe". Bien qu'il existe un PNDT acte établi en 1994 (Diagnostic pré-natal) l'usage de la technique échographique pour éliminer les filles est très répandu. Il en résulte un fort déséquilibre des naissances filles-garçon, encore plus frappant dans les milieux aisés. Ainsi dans l'Etat du Maharashtra (Bombay), la Sugar belt (ceinture de sucre), qui désigne la grande couronne autour de la mégapole, le ratio descend jusque 850 filles pour 1000 garçons... 15% de filles éliminées avant la naissance (hors avortements thérapeutiques)! Le Hindu, quotidien national, cite dans son édition du 26-12, un chiffre de 762 pour 1000 dans la région la plus huppée de New Delhi.

Pour les plus pauvres qui ne peuvent recourir aux techniques médicales, c'est l'abandon à la naissance ou même l'infanticide purement et simplement. Le même numéro du Hindu relate la découverte d'un bébé fille déposé sur une route à grande circulation à Coimbatore (Tamil Nadu). L'enfant a été découverte à temps et pris en charge par une asscociation, alors que des chiens errants commençaient à l'approcher.

J'ai passé Noël chez des amis indiens qui ont recueilli un bébé fille il y a trois ans. Des inconnus l'ont déposée devant la porte. Mes amis n'étaient alors pas en mesure de s'occuper de l'enfant en raison de problèmes de santé, c'est leur cusinière qui a généreusement décidé de la prendre avec elle, mes amis s'engageant à assurer le soutien financier. La petite fille a trois ans maintenant...

 

Posted by Fred at 11:00 AM
Edited on: mardi, janvier 01, 2008 1:50 PM
Categories:

vendredi, novembre 16, 2007

Diwali, pétards, Hitler et travail des enfants

La fête de Diwali et sa débauche de pêtards qui représentent un marché gigantesque, est l'occasion de voir surgir cette réalité qui nous est inacceptable: le travail des enfants. Absolument interdit en Inde, mais trop peu réprimé, cette pratique scandaleuse semble difficile à combattre malgré les drames qui peuvent en découler.

L'état du Bihar, qui est reconnu pour être complètement corrompu a tiré la palme: Deux enfants ont été arrêtés au motif qu'ils auraient volé des pétards dans l'entreprise où ils travaillaient. Impressionnants de voir ces jeunes d'une douzaine d'années, menotés et traînés par la police... Alors que le délit premier a été de les faire travailler!

En Andrah Pradesh, Hyderabad a été le théatre d'un autre drame. Une explosion dans une fabrique clandestine a coûté la vie à 6 enfants de moins de 13 ans (sur 7 tués), 11 autres et deux femmes souffrent de graves brûlures.

Pêtard

Tout est bon pour vendre des pêtards et vanter leur pouvoir: Certains sont vendus à l'effigie du dictateur Hitler! Très choquant pour nous européens, il faut arriver à accepter que de si loin notre histoire douloureuse n'a pas le même poids et n'est pas connue ni comprise.

Posted by Fred at 11:55 PM
Edited on: lundi, novembre 19, 2007 11:58 AM
Categories:

Diwali

C'est la fête des Lumières, nouvel an Hindu qui consacre un exploit du dieu Krishna. A cette occasion les familles se retrouvent et leurs membres effectuent plusieurs centaines de kilomêtres dans des bus surchargés sur les routes très endommagées par la mousson du Sud-Est. Au moins aussi importante que Noël, cette fête est caractérisée par l'éclatement continu et particulièrement bruyant de pétards, feux de bengale et même feux d'artifices sauvages exécutés sans sécurisation... Tout le mode participe à la liesse sonore et lumineuse.

Le lendemain les rues, les places sont comme des champs après la bataille, jonchés des restes de l'orgie explosive.

diwali, pétards et feux de bengale

diwali: feu les pétards

diwali: comme un champ après la bataille

Posted by Fred at 8:56 AM
Categories:

samedi, novembre 10, 2007

Quelle eau boire?

Avec la mousson, pas très virulente sur le sud cette année encore, l'eau du robinet peut devenir très trouble.

Cette eau, est-il besoin de le préciser, n'est de toute façon jamais potable (quoiqu'à Auroville on en trouve), même pour le brossage des dents il est recommandé d'utiliser l'eau de boisson que l'on peut trouver en bouteille plastique ou de façon plus pratique dans des bonbonnes de 10 litres qu'on retourne sur un récipient doté d'un robinet. Même pour cela certains distributeurs sont plus recommandables que d'autres.

On utilise également cette eau propre pour toute préparation culinaire (riz, pâte, soupe...).

La question quand on mange à l'extérieur est de savoir si les mêmes précautions sont prises, sachant que les 10 litres d'eau sont vendus 30 roupies (60 centimes).

Chez Nuts and Spices, le Fauchon indien, on trouve des bouteilles d'Evian à 100 roupies le litre (1,80 euros) - le vendeur m'a affirmé que c'est une boisson énergétique comme le Red Bull...

eau du robinet

bonbonne d'eau

Posted by Fred at 9:54 AM
Edited on: vendredi, novembre 16, 2007 9:09 AM
Categories:

jeudi, novembre 08, 2007

Jesus Raja

Jesus Raja (Le roi Jésus) a dix mois, il est maintenant en bonne forme et bien joufflu.Avec ses parents et deux soeurs de 5, 6 ans il vit sur le quai de la gare de Nungambakam, sans toit. C'est là que je les ai rencontrés en juillet, dans les bras de son père, il respirait avec difficulté, manifestement très faible et malnutri. Son père m'a regardé avec un grand sourire alors que pour tous les passants il était évident que l'enfant allait en empirant chaque jour, et qu'il fallait se résigner à le laisser à son sort probablement lié à quelque Kharma. Il ne m'a rien demandé, c'est peut-être pour cela que je me suis dit non cette fois, je ne laisserai pas le sort décider. J'ai contacté Jacqueline, une amie indienne qui prend le train tous les matins dans le sens inverse et nous nous sommes donné rendez-vous pour qu'elle explique que je voulais que l'enfant soit suivi médicalement et que je prenais les frais à ma charge.

A peine plus de 4 kg à sept mois, Jesus Raja souffrait d'une infection pulmonaire. Je vous passe toutes les péripéties des semaines qui suivirent, visites chez plusieurs médecins, examens à l'hopital, mais l'essentiel avec un peu de temps donné, quelques dizaines d'euros pour des médicaments et de la vraie nourriture pour bébé et heureusement aussi la bonne constitution de base de l'enfant, tout danger semble écarté.

Il y aurait beaucoup à faire pour bien d'autres, ce n'est pas ma vocation. Simplement une fois au lieu de regarder et me dire "Pourquoi?" j'ai dit "Pourquoi pas?" (Parole de Georges Bernard Shaw, merci Denis Terrien de ce rappel).

Merci également à Mamane Zeilani et la société Nutriset qui m'a envoyé d'urgence par Chronopost lors de mon dernier passage en France 3 kilos de Plumpy'Nut, un nouveau produit destiné à traiter la malnutrition sévère.

Jesus Raja 4,5kg à 7 mois

Jesus Raja, à 10 mois fort sur ses jambes

A 7 mois Jesus Rajah : sa toilette au

bord du chemin de fer

A 10 mois, il se tient bien debout

sur ses jambes

Posted by Fred at 5:14 PM
Categories:

mercredi, novembre 07, 2007

Lakshmi

Une opération spectaculaire se déroule en ce moment à Bangalore.

Une petite fille de deux ans née avec deux corps va être séparée de son jumeau parasite par une longue opération menée par 36 médecins.

A sa naissance dans un village de l'état du Bihar au Nord, proche du Népal, la petite fille a été considérée comme la réincarnation de la fameuse déesse Lakshmi en raison de ses deux paires de jambes et de bras. Initialement adorée par le village et ses parents en tant que divinité, la petite fille est maintenant l'attention du pays tout entier qui espère une prouesse du monde moderne (une première en Inde).

lakshmi to seperated from her parasite twin  

Posted by Fred at 9:31 AM
Categories:

jeudi, octobre 18, 2007

Plus noir que moi tu meurs

Malheureusement le racisme est un mal qui ne se limite pas à quelques frontières... Lors du dernier match de cricket Inde-Australie, une des vedettes de l'équipe Australienne d'origine aborigène, Andrew Simonds a subi les quolibets racistes de spectateurs indiens mimant la gesture du singe.

Photographiés par un reporter (australien) quatre individus ont été arrêtés avant d'être relachés. Les autorités indiennes ayant dans un premier temps nié les faits.

gestes racistes contre symonds

Loin de l'Inde, mais le racisme m'y ramène, ce sont les propos de James Watson, découvreur de l'ADN et prix Nobel, qui m'interpellent. Il affirme «Les Africains sont moins intelligents que les Occidentaux» et que la science finirait par découvrir le gêne de l'intelligence!

Mon avis est que s'il faut injecter de l'argent dans la recherche d'un tel gêne, mieux vaut se concentrer en priorité sur celui de la bêtise ou de la méchanceté qui doivent être bien plus dangereux pour l'humanité.

Posted by Fred at 9:53 AM
Edited on: mercredi, novembre 07, 2007 10:55 AM
Categories:

lundi, octobre 15, 2007

Attentat meutrier et indiscipline

6 morts et 25 blessés, c'est le lourd bilan de l'attentat qui a visé un cinéma dimanche soir à Ludhiana (Penjab).

Au-delà du drame voulu et prémédité par la main aveugle et sans pitié du terrorisme que l'on condamne sans réserve, un autre fait rageant vient s'ajouter . Alertés par la presse, des centaines d'habitants se sont précipités dans leur véhicule pour au mieux aller rejoindre un proche, au pire simplement pour voir, créant ainsi un gigantesque embouteillage dans des infrastructures routières qui n'en demandent pas tant... Les secours ont été ainsi fortement retardés, agravant sans doute la situation des blessés.

Un peu de bon sens et de discipline auront encore fait défaut avec de graves conséquences même si on peut comprendre l'angoisse des proches.

L'indiscipline et l'inconscience dont j'ai été aussi témoin ce midi sur la route. Deux hommes barraient la route, une opération de coupe d'un arbre étant sur le point de se terminer. Les véhicules ronronnaient impatients quand soudain un rickshaw plus malin que les autres décide de passer sous l'arbre malgré le barrage. Il est passé ... moins de dix secondes avant que l'arbre ne s'effondre avec un grand fracas sur la chaussée.

Posted by Fred at 6:52 PM
Edited on: lundi, octobre 15, 2007 7:36 PM
Categories:

mardi, août 14, 2007

Un tiers d'entre-nous vivent avec moins de 20 roupies par jour

C'est ce que titre un article de Hindustan Times. Annonçant un chiffre de 836 millions d'indiens pour qui 40 centimes d'euros (12 euros par mois) est le réel pouvoir d'achat (ou d'épargne mais restons réaliste).

Pauvreté qui est accentuée par une autre réalité, sur 400 millions d'actifs, 86% travaillent sans aucun statut social, dans le secteur non organisé et 80% de ces travailleurs sont de ceux qui vivent avec moins de 20 roupies par jour.

Ces données peuvent nous sembler étonnantes, à nous européens expatriés, nous avons trop vite l'impression que la classe moyenne s'agrandit et que la pauvreté recule. La réalité est donc tout autre, nous voyons la partie emmergée de l'iceberg, moins celles des slums (bidonvilles), des campagnes, et de régions très défavorisées (Bihar, Madya Pradesh, Rajasthan, Uttar Pradesh - appelé BIMARU).

Posted by Fred at 10:16 AM
Categories:

Les fous de la route

C'est un lieu commun que de parler des dangers de la route en Inde. Ma première longue sortie en moto pour me rendre à Pondichéry, 150 kms sur l'ECR (East Cost Road), m'a offert ses moments de grand plaisir à suivre l'océan, les immenses plages parsemées de cocotiers et tamariniers, les paysages illuminés, traverser les villages typiques.

Mais était-ce possible sans vivre les tracas d'une réparation en pleine zone déserte par un mécanicien qui a démonté sous un soleil de plomb le carter de la boite de vitesse, parceque bien que la moto soit neuve, l'écrou qui fixe l'embrayage avait décidé de s'échapper. Quatre heures de réparation certes, mais heureusement la facture reste modestement de quatre euros, huile comprise.

Et bien sur une telle expédition présente sa part de risques. Parmi tous ceux que j'ai expérimentés je retiendrai la vache qui traverse en nuit noire au milieu de nulle part, les jeunes qui pour s'amuser me doublent en riant et le passager qui me pousse en passant, la barrière non éclairée en pleine nuit au milieu de la voie de gauche pour faire ralentir, les voitures d'en face qui franchissent allègrement la ligne continue vous forçant à vous ranger sur le bas-côté, heureux d'être en vie...

Posted by Fred at 9:47 AM
Categories:

vendredi, août 10, 2007

L'INFORMATIQUE: la référence culturelle

hardware=casque, software=cerveau  Le IT (information technology - l'informatique) est en Inde une véritable référence culturelle. Pas étonnant qu'on se serve de son paradigme pour faire passer des messages au quotidien. Ainsi cette campagne de communication qui incite au port du casque:

"Utilisez cet harware afin de protéger votre software"...

A la question "dans quel domaine travaillez-vous?"... La réponse "IT business" inspire toujours le respect, c'est ici l'or noir, le filon qui garantit une prospère réussite. Peu de gens y travaillent par pure passion, comme sur les champs pétroliers, mais tous connaissent et beaucoup courrent après le bénéfice qu'ils peuvent en tirer.

Posted by Fred at 5:26 PM
Categories: